Centrafrique : Sylvie Baïpo-Temon dans sa logorrhée démagogique a trouvé sa parfaite coupable à la crise, la Presse !

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Par Aline M’PANGBA-YAMARA

PARIS [LNC] – En écho de la MINUSCA pour qui tout media qui ne se couche pas est nécessairement une mauvaise presse ne colportant que des mensonges, voilà Sylvie Baïpo-Temon, la ministre des affaires étrangères qui s’y met aussi dans le lynchage des journalistes qui ne sont pas les porte paroles de la MINUSCA et du gouvernement. Quelques jours avant, son chef N’Grebada lui s’en prenait aux radios privées. A part cela, Baïpo-Temon ose parler de “liberté d’expression”.

L‘amorce de son communiqué, sonnant déjà creux, qu’elle contredira joyeusement par la suite est assez parlante d’un certain état d’esprit : “Si la démocratie se fonde essentiellement sur le vote du peuple pour permettre une alternance d’orientations politiques, elle a aussi pour assise la liberté d’expression.” 

Ces propos de Sylvie Baïpo-Temon, s’évertuant à clouer au pilori la Presse récalcitrante,  sont très révélateurs d’un discours dominant visant à légitimer l’ordre existant d’une pseudo démocratie, de surcroît  inexistante, au prétexte que comme il y a eu des élections; et donc il faudrait s’en contenter sous le fallacieux prétexte qu’il y a des vilains méchants qui sèment le trouble dans le pays, et qu’organiser une mascarade d’élections serait la réponse idoine à offrir.

Or ces “vilains méchants” ne sont pas des inconnus  pour elle et sa bande ! N’est-ce pas son propre gouvernement, conforté par la MINUSCA et les dits G5+ qui les ont sanctuarisés et banalisés dans le paysage du pays ? Pire encore, en leur assurant l’impunité en plus ? Et somalisant de fait le pays ? 

Au-delà de la faiblesse de son argumentation, il s’agit d’un raisonnement syllogique en trois temps, extrêmement banal et surtout tautologique, qui se déroule comme suit. La presse qui tente d’objectiver le faits est mauvaise. Or publier ce qui ne convient pas, serait nuire au pays et inciter la haine et la division . Donc la presse qui ne rentre pas dans les rangs des occultations des faits et des travestis du réel par la MINUSCA, les G5+, et bien évidement par le gouvernement, est la vraie coupable des désordres. Baïpo-Temon se déresponsabilise par de fausses arguties purement spéculatives, imaginaires, mensongères et populistes.

Associant une tenue d’élections, de surcroît entachées de tricheries de masse, serait la démonstration de l’existence de la démocratie dans le pays. Mais comme le disait récemment le député français Sébastien NADOT dans une récente interview accordée à LNC : La démocratie et l’état de droit ne peuvent se résumer à un enchaînement d’opérations techniques électorales menant à l’élection du Président de la République.” Sous entendant que tout cela n’est qu’apparence et tromperie.

Et que valent des élections dans un pays, où non seulement à la sécurité inexistante, où plus des 3/4 du territoire sont hors contrôle, et enfin où la moitié des électeurs inscrits n’ont pas pu voter ?

La démagogie de Sylvie Baïpo-Temon est intellectuellement parlant une escroquerie.

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