Centrafrique : L’opposition démocratique (COD-2020) demande « l’annulation pure et simple » de ces élections

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Par Eve MALONGA

BANGUI [LNC] – Dans un communiqué paru ce mercredi, la Coalition de l’opposition à Faustin TOUADERA, dite (COD-2020), note que ces élections groupées, qu’elle accuse d’avoir été entachées de vastes tricheries, n’ont pas été “justes et inclusives”, “et ne sont nullement l’expression de la volonté du peuple centrafricain.” Parlant même de “mascarade électorale”. Pour Martin Ziguélé le candidat du MLPC, même topo, “C’est une escroquerie politique.” 

Et de cibler des responsables de la dite “mascarade” :  l’Autorité nationale des élections (ANE), le régime de Touadéra, le G5+ (regroupant la France, la Russie, l’ONU, l’Union européenne et la Banque mondiale); mais surtout  le sénégalais Mankeur Ndiaye le patron de la MINUSCA. 

En outre, La COD-2020 de dénoncer également “l’impossibilité de voter dans plusieurs régions,” et d’avoir fait le constat « de bourrages massifs des urnes » et aussi d’« un nombre de votants qui dépasse celui des inscrits » dans certains bureaux de vote.

LE GOUVERNEMENT TIENT UN TOUT AUTRE DISCOURS

Pour Ange-Maxime Kazagui, le porte-parole du gouvernement, « Nous avons eu des élections crédibles, engagées et populaires », assurait-il hier mardi. tout en admettant que le vote avait été empêché dans 29 des 71 sous-préfectures du pays. Le taux de participation général avoisinerait les 55%.

Selon lui, cela ne saurait remettre en cause la crédibilité de l’élection : « Vous avez des pays où il n’y a pas de guerre, où simplement parce que les candidats en lice n’intéressent pas la population, vous avez des taux de participation très faibles. Nous avons vu même en Occident, en Asie, des taux de participation parfois de 40%. Mais ces élections ont été acceptées. Récemment encore, au Burkina Faso, il y a eu des élections avec un taux de 35%. »

Toujours d’après lui, le succès de ces élections tient à la volonté des centrafricains pour se rendre dans les urnes :  « L’une des motivations principales de cette ferme volonté d’aller voter était de barrer la route à des coups d’État, à des prises de pouvoir par la force. Il y a eu d’ailleurs des séquences assez émotionnelles, quand des Centrafricaines et des Centrafricains, refusant de se laisser intimider par des coups de feu, persistaient pour pouvoir voter. »

La Cour Constitutionnelle avait déclaré qu’elle prendrait en considération les contestations après le premier tour. Ce n’est pas garanti du tout qu’elle tienne parole.

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