Centrafrique : Des élections générales ne valant pas tripette, les raisons.

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Par Firmine YABADA & Sandra MARTIN-WHITE

PARIS [LNC] – Comme le précisait dernièrement l’impétueux député français Sébastien NADOT : “les standards minimum d’un vote démocratique ne sont pas là. Le chaos continue au profit des criminels pour qui la guerre est un trésor.” Mais il y a pire. Pour on ne sait quelles raisons la dite communauté internationale tenait tant à la tenue de ces élections, il se trouve qu’elles se sont déroulées en tout illégalité, truffée d’irrégularités et de tricheries. Une mascarade.

1ère irrégularité : Bien avant ces élections, les hommes du pouvoir en place, en premier lieu, ceux du parti présidentiel le MCU, de tenter de faire inscrire sur la liste électorale des électeurs imaginaires, voire des étrangers, des congolais en particulier.

2ème irrégularité : Les cartes électorales, dont beaucoup de papiers officiels du pays sont imprimés par la société d’un libanais, proche du pouvoir. La chercheuse américaine Nathalia Dukhan avait dénoncé le fait en parlant de fraudes massives sur ces documents.

3ème irrégularité : Faustin TOUADERA lui-même de parcourir Bangui et ses environs pour distribuer des billets de banque, afin de corrompre les électeurs. Fait là dénoncé par le média en ligne centrafricain RJDH dans un article.

4ème irrégularité : Les candidats de l’opposition se sont vus menacés. Leur matériel de campagne saccagé. Et ils n’ont pas pu faire campagne dans tout le pays. Du coup, ils cessé de se battre sur le sujet. 

5ème irrégularité : 85% du territoire centrafricain est hors de contrôle du pouvoir central. Comment peut-on prétendre tenir des élections légitimes et crédibles dans des conditions aussi intenables et épouvantables, sans parler de l’insécurité en cours dans tout le pays ?

6ème irrégularité : Et sans doute la plus grave, rendant ces élections nulles. La tricherie de la Cour Constitutionnelle, qui, pour contourner l’article 115 du code électoral, soulevé par 6 candidats de l’opposition, d’invalider le retrait de Jean-Serge BOKASSA. Car cet article précise que : en cas de retrait d’un candidat, la Cour doit produire avant les élections “une nouvelle liste de candidats ». Jean-Serge Bokassa sera donc resté candidat à l’insu de son plein gré. Ubuesque !

Que dire après cela ? Que le Centrafrique reste toujours dans le monde, une zone obscure de non droit, où tous les sales coups sont permis. Et avec la complicité de la communauté internationale, aveugle volontairement sur les irrégularités constatées.

Qu’importe le flacon nauséabond, pourvu qu’on ait l’ivresse

Mais voilà, pour la communauté internationale sur place, l’essentiel soit que les apparences de démocratie en Centrafrique soient sauves. Ce qui n’augure rien de bon pour le futur proche.

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