Centrafrique/RDC : Mobayi-Bongo, vers un nouveau Darfour ?

Par V.M

Comme nous vous l’annoncions il y a 48 h, les chiffres donnés du nombre des réfugiés centrafricains fuyant en RDC, étaient largement sous-estimés. Nous en sommes dorénavant à plus de 4.000, nombre tout à fait provisoire, toujours malheureusement comme en hausse quotidienne.

La situation tourne à la catastrophe humanitaire.

Pour fuir la Séléka, les habitants de Mobaye sont obligés de partir tôt le matin afin de déjouer la vigilance de la Séléka contrôlant tout le secteur. Un Pasteur fut même tabassé par la Séléka pour ne pas avoir indiqué l’endroit où se trouveraient d’éventuels véhicules à voler.

Un réfugié nous disait hier: “Nous partons comme vous nous voyez là, sans rien, nous devons tout abandonner, et on ne sait pas ce qui nous attend de l’autre côté. Mais ça ne sera pas pire que ce qui se passe ici.

A Mobayi-Bongo, la pire situation est celle des enfants, souvent sans famille, ayant traversé le fleuve tous seuls. Quasiment dénudés, livrés à eux-mêmes, ils traînent dans la ville en quête de la moindre nourriture. Et les familles locales d’accueil sont complètement débordées, tant le flux des réfugiés est en continu. La subsistance fait défaut, les éléments de survie et de soin de première nécessité de même.

Et bon nombre des réfugiés, dont beaucoup sont très affaiblis, ne trouvent pas à se loger.
Il y a des malades, des blessés, et beaucoup d’enfants sans parents.
Chaque jour qui passe accroît la fragilité de la situation sanitaire.

Willy Issekoussou le commissaire de district au micro de Radio Okapi:
Plein viennent nous voir pour nous dire qu’il y a des maisons qui sont en train d’être pillées là bas. Et ici, notre capacité à nourrir tout ce monde est insuffisante. Nous avons été obligés de prévenir notre hiérarchie qui a fait appel au Haut Commissariat des Nations Unis pour les Réfugiés (HCR). Pour le moment ils constatent les choses, mais nous n’avons pas encore reçu de l’aide.

© Février 2013/LNC