Centrafrique : Vives tensions dans le Nord-Ouest, des groupes rebelles contrôlent des villes. Au moins 4 morts

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Par V.M

BOSSANGOA [LNC] – A neuf jours des élections générales, le pays replonge de nouveau dans les violences armées. Depuis mercredi dernier, une vaste offensive de groupes rebelles, identifiés comme des 3R a pris le contrôle de plusieurs villes, dont Bozoum et Bossembélé, face à des FACA (armée centrafricaine) dépassés par leurs nombres, et contraints de se replier. 

Témoignage du sous-préfet de Bozoum, Nganabeam-Ketté Bienvenu, joint au téléphone par Anadolu : « Depuis jeudi, les FACA (Forces Armes Centrafricaines) font face aux groupes rebelles. Vu que l’effectif des rebelles était largement supérieur à nos forces, les membres de l’armée se sont repliés dans le but de limiter les pertes humaines ».

BOZOUM & BOSSEMBÉLÉ SONT TOMBÉES

Avant de prendre d’assaut la ville de Bozoum, les rebelles ont investi la ville de Bossembélé, après avoir défait les troupes de l’armée centrafricaine dans la matinée de vendredi.  Des pillages de maisons de boutiques et de centres de santé ont été constatés.

D’après Antoine Mbao-Bogo, le président de la Croix-Rouge centrafricaine, relayant son représentant en local, il y a eu au moins quatre morts  tués dans les combats, dont : 2 gendarmes et 2 militaires. Plus de nombreux blessés.

A Bozoum vers 8h30 du matin, ils ne rencontrèrent aucune résistance. Les forces de sécurité nationale avaient déjà déserté la ville bien auparavant.

POURQUOI UNE SI SOUDAINE RECRUDESCENCE DES VIOLENCES ?

Dans les rumeurs les plus folles qui courent, il faut faire le tri. Pour certains, François Bozizé le rancunier qui n’a jamais digéré sa brutale éviction du pouvoir aurait pris langue avec ses anciens bourreaux à Bossangoa, pour une offensive de prise du pouvoir. Une vidéo qui court dans les réseaux sociaux, évoque des Séléka parlant de cette alliance militaire.

Pour d’autres, les groupes armés déçus par Faustin Touadera, qu’ils accusent de tricherie et de manipulation, ne chercheraient plus que sa chute au plus vite.  Ceci est corroboré par un récent communiqué commun de six groupes armés centrafricains, dénonçant l’accord de Khartoum. Et en conséquence, menaçant d’utiliser « tous les moyens » si le gouvernement ne consentait pas à organiser des concertations avant le 27 décembre.

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