Centrafrique : Face aux incertitudes sur l’axe Bangui-Garoua-Boulaï, le gouvernement planche sur la réactivation du corridor n° 13 vers le Congo-Brazza

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Par Fanta BIDERMANN-KENGUEMAT 

BIMBO [LNC] – Le corridor essentiel de ravitaillement de la RCA, Bangui-Garoua-Boulaï ouvert enfin, après deux mois de blocus par les CPC ? C’est vite dit ! Actuellement à la frontière, ne traversent que les camions de transport, et à condition d’être escortés militairement tout le long du trajet. Et il en reste plus de mille en attente. Devant cet état de fait, le gouvernement envisage la réouverture d’un ancien corridor de ravitaillement, le fluvial, par la réactivation du port de Zinga dans la Lobaye. C’est le dit “corridor n° 13”, allant de la route de Mongoumba en passant par M’Baïki. C’est pour cela que du 03 au 07 février, une mission gouvernementale fut envoyée dans le Sud de la la Lobaye pour évaluation. Le bilan fut analysé lors d’une réunion ministérielle, tenue en la salle de conférence du ministère des finances et du budget, le vendredi 12 dernier.

Et c’est la ville de Zinga, dans la commune de Mongoumba, port naturel d’embarcation pour des navigations sur l’Oubangui-Chari, en passant par Bangui, ou pour atteindre Brazzaville. Et dans les deux sens.

IDÉE RETENUE, MAIS ON RÉINVENTE L’EAU TIÈDE

En vérité rien de nouveau. Les riverains, dits “les pêcheurs” depuis des décennies usent de cette voie pour passer de la RCA au Congo et vice versa. Et très récemment, le 5 août 2020, la Programme alimentaire mondial (PAM) avait fait la démonstration de l’utilisation de cette voie fluviale pour le transport d’aide humanitaire.

Ne reste donc plus qu’à réhabiliter le port de Zinga, à l’abandon depuis l’époque coloniale. Il faudra là une situation d’urgence pour que le pouvoir se rende compte enfin, de l’utilité de disposer de plusieurs voies d’approvisionnement, surtout pour un pays enclavé comme la RCA.

Félix Moloua, le ministre de l’économie et du plan, se réveillant sans doute d’une très longue sieste, de réaliser la gravité de la situation (Citons-le in extenso) : 

« Nous pensons que c’est une véritable opportunité de réfléchir sur un plan B dans le cadre de partenariat public-privé en vue de rendre viable le port de Zinga. La mission qu’on a déployée a produit un rapport très satisfaisant. Nous pensons que nous allons très rapidement sur un PPP, à très court terme, afin de moderniser et de renforcer les capacités du port de Zinga. A moyen et long termes, nous poursuivrons avec la Banque Africaine de Développement pour travailler sur le corridor n° 13, route Mongoumba en passant par Mbaïki »

FINANCEMENT ET EXÉCUTION ?

Selon notre analyse, si les fonds sont disponibles (ce qui n’est pas le cas, la RCA étant en situation de banqueroute permanente), il faudra un minimum de deux ans pour sérieusement rendre opérationnel le projet. Avec un coût estimé d’au moins 10 millions de $. Car outre la modernisation du port de Zinga, il faudra disposer de barges de transport et de baleinières, neuves le plus possible. L’entretien des vaisseaux fluviaux est vital et ne supporte pas l’à-peu près, si courant dans ce pays.

CONCLUSION 

Là, pour le plan B de Moloua, c’est un peu tard. Le corridor 13  ne peut pas suppléer le 1 (vers le Cameroun). Il importe de mettre en oeuvre sa faisabilité sur le moyen terme, et vite !

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