Centrafrique : De sérieux doutes sur la crédibilité de ces drôles d’élections

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Par Marie-Pierre COPPENS

BRUXELLES [LNC] – Comme il fallait s’y attendre, la Cour Constitutionnelle centrafricaine a validé l’élection au premier tour de Faustin TOUADERA pour un second mandat. Et ce en dépit des dénonciations par l’opposition d’état de nombreux cas de fraudes massives. Mais il y a encore plus opaque.

Ces élections générales devaient-elles avoir lieu dans un contexte d’insécurité absolue dans le pays, comme ce fut le cas ?

Pour la MINUSCA qui prétendait que “tout était sous contrôle”, y tenant comme à la prunelle de ses yeux, c’est ‘Oui’ et ce, coûte que coûte. 

Et au jeu onéreux du coûte que coûte, cela aura justement “coûté” la bagatelle de plus de 30 millions d’euros, dont plus des 2/3 supportés par la seule Union européenne. La cocue de l’affaire.

Un député belge interrogé par LNC sous le sceau de l’anonymat : “Nous avons assisté à ce qui se fait de pire en Afrique, à encore une nouvelle mascarade électorale. Comment l’ONU peut-elle accepter cela ?”

BONNE QUESTION !

Faustin TOUADERA Lundi dans son discours de ré-investiture de gloser sur le mot “Démocratie” – que manifestement il en ignorait le sens – , de faire du Bush comme N’Grebada juste avant lui, en parlant de la victoire du Bien sur le Mal. Bien évidemment, le Bien, c’était lui. Et même d’évoquer Dieu comme étant son garant dans un discours officiel. Fait amusant pour un pays constitutionnellement déclaré officiellement laïc.

Pourtant, dans un pays démocratique, des élections au cours desquelles plus de la moitié des électeurs sont empêchés de se rendre aux urnes sont invalidées. La Cour Constitutionnelle centrafricaine, manifestement sous pression et très haute influence n’aura pas vu les choses sous cet aspect. Censée être souveraine, elle cautionne par le fait des irrégularités criardes. Décrédibilisant par le fait ces résultats, et la légitimité de l’élu au Palais de la Renaissance. Un habitué des corruptions en tous genres.

DES RÉSULTATS À CAUTION

Qui aura contrôlé en toute indépendance les résultats de ces élections ? PERSONNE ! Même pas les observateurs internationaux, finalement venus pour faire du tourisme.

Ainsi, comme cela se fait partout ailleurs en “démocratie”, tout bureau de vote doit publier ses résultats. Ce ne fut pas le cas lors de ces élections. Et personne ne s’en est étonné !

Autre point douteux, aucune vérification ne fut faite sur le nombre de votes par dérogation, ni sur les identités des individus. 

Mais qu’importe, la MINUSCA qui avait “tout sous contrôle” a eu SES élections.

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