Centrafrique : les autorités instaurent un couvre-feu à Bangui

Malgré les souhaits formulés de toutes les régions alentours et de la France, les espoirs d’une solution négociée rapide en Centrafrique ont été douchés samedi. Aucune date pour l’ouverture de pourparlers n’étant attendue avant le 3 janvier. | AFP / Lionel Healing

Alors que les forces rebelles du Séleka se trouvaient à moins de 150 km de Bangui samedi soir, les autorités ont annoncé l’instauration d’un couvre-feu dans la capitale de la Centrafrique.

«Le président de la République, chef de l’Etat (François Bozizé) (…) instaure un couvre-feu dans la capitale centrafricaine Bangui à compter de ce jour samedi.
Il court de 19 heures le soir à 5 heures du matin», a annoncé le ministre de l’Administration territoriale, Josué Binoua. Dans la soirée, les rues de Bangui étaient désertes, tous les restaurants du centre-ville se sont dépêchés de fermer et de nombreux magasins fermés étaient gardés par des hommes armés de machettes.

Les forces régulières se replient à Damara

Plus tôt dans la journée samedi, les rebelles ont renforcé leur emprise sur le territoire centrafricain. Dans la matinée, Sibut, à 160 kilomètres de Bangui, était acquise sans combat. Ils sont également parvenus à repousser une contre-offensive des forces régulières sur Bambari, qui était jusqu’à début décembre une place forte des Forces armées centrafricaines (FACA), à 300 km au nord-est de Bangui, avant d’être conquise dimanche dernier par le Séléka.

Samedi, l’avancée de la «rébellion du Séléka» a donc obligé les forces régulières du président François Bozizé et leurs alliés à se replier à Damara, dernier verrou stratégique à 75 km au nord de Bangui où, depuis vendredi, 150 militaires français ont été dépêchés en renfort depuis une base du Gabon. Toutefois le premier ministre français Jean-Marc Ayrault a répété vendredi que les militaires avaient uniquement pour mission de protéger les quelque 1 200 ressortissants français et pas de défendre le régime en place.

La concentration des forces armées tchadiennes et centrafricaines sur Damara est désormais le dernier recours à une progression de la rébellion jusqu’à Bangui.

INFOGRAPHIE. La situation en Centrafrique (Sibut étant désormais aux mains des rebelles, NDLR)