Crise en Centrafrique : Damara, dernier verrou stratégique avant Bangui

Par RFI

Trois semaines après le début de son offensive, la rébellion centrafricaine de la Seleka a renforcé son emprise, ce samedi 29 décembre, sur le territoire centrafricain. Elle a pris la ville de Sibut, située à environ 160 kilomètres au nord de Bangui, s’approchant un peu plus de la capitale centrafricaine et obligeant du coup les forces régulières et leurs alliés tchadiens à se replier à Damara. Un couvre-feu a été instauré à Bangui à partir de ce samedi de 19h00 à 5h00 locales.

Les rebelles sont entrés dans Sibut sans combattre. Les forces d’interposition tchadiennes et les troupes gouvernementales centrafricaines avaient quitté Sibut la veille pour se positionner à Damara, dernier bastion avant la capitale Bangui.

« Les rebelles en ont profité pour prendre Sibut ce matin », a confirmé le ministre de l’Administration du territoire Josué Binoua. Une source militaire rebelle confirme également cette nouvelle avancée. Les Forces multinationales d’Afrique centrale (Fomac) assurent qu’elles ne reculeront plus désormais et qu’elles défendront fermement Damara en cas d’offensive rebelle.

Damara en dernier rempart
C’est ce qu’a déclaré à RFI le général gabonais Jean-Félix Akaga, commandant de la Fomac. La rébellion de la Seleka n’a d’autre choix en effet que d’attaquer Damara si elle souhaite poursuivre son offensive sur Bangui.

L’entrée dans Sibut des rebelles ne met pas en cause la volonté du gouvernement de dialoguer, a indiqué à RFI le ministre Josué Binoua. Une large partie du territoire échappe désormais au pouvoir. L’alliance rebelle de la Seleka, qui a déclenché son offensive le 10 décembre, occupe désormais les importantes localités de Bria et de Bambari ainsi que plusieurs villes du Nord dont Kaga Bandoro et Ndélé.

La prise de Sibut place les rebelles à 160 kilomètres au nord de Bangui. Cette nouvelle avancée sur le terrain des rebelles intervient alors que la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) avait pourtant annoncé vendredi la tenue de négociations « sans délai et sans conditions » entre le gouvernement centrafricain et les rebelles. Aucun calendrier n’a toutefois encore été fixé pour le début des pourparlers.

Le chef de l’Etat béninois Thomas Boni Yayi, président en exercice de l’Union africaine, va rencontrer dimanche 30 décembre, à Bangui, le président centrafricain François Bozizé pour encourager une sortie de crise par le dialogue.