OPINION/Quelle équipe gouvernementale pour un Centrafrique nouveau, uni stable et prospère ?

A la suite d’intenses négociations sous l’égide des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) convoqués les 10 et 11 janvier 2013 à Libreville pour trouver une solution a la crise Centrafricaine, trois accords ont été conclus par les différentes parties prenantes.

Un nouveau gouvernement devra être formé avec le nouveau premier ministre issu de l’opposition. Cette période de cohabitation entre majorité présidentielle, mouvement rebelle du Seleka, opposition démocratique, politico-militaire et les parties civiles est notre seule chance d’assoir une base solide de la bonne gouvernance avec une institution forte et audacieuse pour la pacification de notre pays.

Apres plusieurs décennies d’instabilité économique, politique et sécuritaire il est temps pour nous de nous ressaisir. Retroussons nous les manches et mettons-nous au travail si nous ne voulons pas que les autres décide à notre place ; Comme l’a dit un grand homme Africain : “On ne peut rien faire tant qu’on n’impose pas aux mentalités des schémas de rigueur”. “Il nous faut travailler à décoloniser les mentalités, et réaliser le bonheur à la limite des sacrifices auxquels nous devons consentir, pour que ce qui semble être aujourd’hui des sacrifices devienne pour nous des actes normaux.” Thomas SANKARA

Nous ne sommes pas condamnés à vivre en victimes consentantes avec tous les régimes autoritaires qui se sont succédés dans ce pays ou le pouvoir devient qu’une affaire de famille, d’amis et de clan qui ne sont ni partagés, ni contrôlés et ne garantissent aucune vision de développement, et de libertés pour un centrafricain lambda.

Nous, simples citoyens de Bamingui-Bangoran, Basse Kotto, Gribingui économique, Haut Mbomou, Kémo Gribingui, Lobaye, Vakaga, … avons un pouvoir immense que nous ignorons trop souvent.

Savez vous que la TVA qui est un impôt indirect, qui s’incorpore dans le prix des biens et des services consommés prélevés par l’état sur l’achat du sel, sucre, pétrole, transport (auto car), constituent les recettes de notre trésors public qui contribue à l’achat des armes dans le but d’assurer notre sécurité que l‘armée (GP, FACA, SELEKA) utilise contre nous,

Savez vous que les impôts prélevés par l’état sur l’achat du savon, du ciment, des tôles, de votre appareil radio participe au financement de nos dépenses publiques.
Qu’il s’agisse de la taxe sur le prix de vente payé par les consommateurs ou de la taxe sur le chiffre d’affaires payé par les entreprises ou les droits de douane, toutes ces recettes fiscales constituent le budget général de l’État.

Savez vous que les impôts payés par les commerçants, les entreprises permettent à l’état de construire des routes, des écoles, des hôpitaux, des logements tout ce qui contribuent au bien-être des centrafricains.
Tout citoyen doit pouvoir constater la légitimé de l’impôt à travers des grand projets de développement. Le consentement à l’impôt par le citoyen est en effet un pilier central de la démocratie représentative. Ainsi, afin de clarifier et d’assainir les rapports entre le peuple et son représentant.

Compatriote de Mambéré Kadéi, Mbomou, Ouaka, Ouham, Ouham Pendé, Ombelle Mpoko, Bangui. Nous avons un pouvoir immense que nous ignorons les impôts directs ou indirects. Les bulletins de vote dans le cadre des élections choix c’est grâce à tous ces mécanismes fiscaux et processus démocratique que nous élisons et finançons les voitures, logement de fonction, les déplacements de ceux qui nous gouvernent.

Il est temps d’arrêter l’hémorragie, notre pays à trop souffert malgré un important potentiel naturel que détient le sous sol (réseau hydrographique dense, massif forestier important, ressources minières immenses), le pays s’est durablement installé dans une spirale de régression avec des indicateurs économiques et sociaux alarmants.

Dans un moment si particulier, notre pays a besoin de fixer un cap pour redonner confiance à nos partenaires, à nos concitoyens à la jeunesse qui a perdu tout espoir car elle n’a aucune ambition, aucun défi à relever. L’avenir de cette jeunesse est de plus en plus sombre et cela sous le regard complice des autorités de ce pays qui ne fournissent pas de grands efforts pour changer le sort de cette jeunesse.

Sur le plan politique cette jeunesse n’est approchée qu’à l’approche des élections ou lors des conflits armés. Aujourd’hui plus que jamais, les jeunes se laissent berner, manipuler pour des miettes par ces caciques du pouvoir ou par des politiciens maladroits. S’il n’y a pas un sursaut d’orgueil de la part de la part de la nouvelle équipe gouvernementale cette jeunesse pourrait être une bombe à retardement, rappelons nous de ce qui s’est passé le 2 août 2012 concernant les résultats du recrutement dans le Faca qui à déclenche l’émeute et le mécontentement des jeunes.

On attend des futurs membres du gouvernement d’union nationale de s’impliquer d’abord en tant que personnes mais aussi qu’ils s’impliquent dans l’action gouvernementale, dans le collectif car le gouvernement est une équipe qui doit agir en équipe. Ce qui est important c’est que chaque ministre comprenne qu’il y’a une exigence pour la bonne gouvernance, une exigence pour les résultats mais aussi pour le travail collectif.

Les défis sont énormes pour ce nouveau gouvernement dirigé par Me TIANGAYE et ses nouveaux ministres. La restauration de la sécurité, la consolidation de la paix et la prévention des conflits, la réforme, la restructuration, la réorganisation territoriale et la relance de l’économie.

Dans un pays où l’on a coutume depuis 40 ans de voir les mêmes têtes qui deviennent ministres et qui changent de veste à chaque changement du pouvoir que ce soit avec Bokassa, Dacko, Koligba, Patasse et maintenant avec Bozize. Nous observons avec impuissance des eternels ministres, conseillers, ambassadeurs comme si en Centrafrique il n’existe pas une nouvelle génération capable de porter un projet novateur pour le développement de notre pays.

Ces vieux briscards sont tous responsables du désastre et de la situation que traverse actuellement notre pays. Leur place dorénavant, si l’élection municipale devait avoir lieu, c’est qu’on leur propose dans les collectivités territoriales et municipalités de nos provinces. Ils doivent mettre leur 40 années d’expériences acquises avec les différents régimes au profit de nos différentes régions afin d’accompagner les futurs projets de développement, au lieu de rester conseiller du président à Bangui. Ils feront un grand bien à notre pays en dirigeant les conseils municipaux d’Obo, Ouadda, Alidao, Kouago….

Quand une politique échoue, il faut en changer. La nouvelle équipe du gouvernement d’union nationale doit être composée des fils du pays capable d’initier des projets et de gérer leur département ministériel, pas des béni oui oui, des ministres qui ont le sens de l’intérêt général, qui nous inspire confiance et inspire confiance aux investisseur et aux organisations internationales.

Certain ministère régalien comme le département des affaires étrangères ou de la finance doit être tenu par une femme ou un homme capable de vendre l’image de la RCA à l’extérieur ; une personnalité qui a démontré ses capacités par le passé et qui est polyglotte. La situation du pays nous impose d’éviter de faire des erreurs de casting parce que notre pays a besoin d’un commercial de gros calibre pour convaincre nos partenaires.

La turbulence que traverse le pays demande à ce que le premier ministre soit transparent et doit rendre des comptes tous les mois aux peuple par une conférence de presse pour expliquer l’avancement et les difficultés rencontrer dans la mise en place des différents projets ou accord conclus à Libreville.

Que Dieu bénisse la République Centrafricaine

Guy Makendebou
Chef de projet immobilier
Poitiers