Nana Mambéré : Les anti-balaka recyclent les voyous de Bouar

BOUAR (RADIO SIRIRI) — Les anti-balaka patrouillent désormais dans la ville de Bouar.
Un musulman a mis à leur disposition un pick-up qui leur permet de patrouiller dans la ville et de veiller sur les magasins.

Ce qui tranche nettement avec la campagne d’intoxication d’une bonne partie de la presse occidentale parlant de « milices chrétiennes ».

Car aucun curé, aucun évêque, aucun pasteur ne s’est levé un jour pour rassembler ses ouailles et leurs demander de s’armer pour massacrer leurs compatriotes.

Ainsi donc certains ex-faca et autres petits voleurs ayant pillé la veille se sont vu interdit d’accès au centre commercial.
Leurs chefs ont reproché vivement aux ex-faca d’avoir abandonné la population.

« Vous avez fui, vous avez abandonné la population. Nous autres, nous avons risqué notre vie et maintenant vous venez pour occuper Camp Leclerc ? Ca jamais de la vie… »

La MISCA tente de les réconcilier pour éviter un autre conflit dans le conflit.

Cependant les anti-balaka demeurent catégorique et campent sur leurs positions : « les ex-faca ne sont plus dignes d’occuper la base et doivent chercher un autre endroit pour s’installer. »

Ils ont arrêté hier après des accrochages au centre ville avec les hommes de Baba Ladé, un certain Constant, le chef des Godobés (voyous) armés qui incitait ses complices à faire des tirs de sommation à la tombée de la nuit ou lors du passages des rebelles ayant choisi de rentrer chez eux en jouant aux snipers.
Ils lui ont intimé l’ordre de dire aux autres voyous de ne plus tirer dans la ville sinon cela risque de leur coûter cher.
En effet, ce Constant détient deux AK47 et deux pistolets automatiques.
D’ailleurs c’est lui qui a commencé à casser la porte des boutiques pour piller.
Depuis son arrestation et la menace qu’il a reçue, Bouar a passé une nuit sans coup de feu malgré la peur du passage du groupe des seleka de Baoro devant aller au Tchad en passant par Bouar.

Aux dernières nouvelles, ils seraient tombés dans une embuscade au niveau de Ngaïdoua à 30 km de Bouar. Embuscade tendue par les anti-balaka de Bokayan, appuyés par quelques éléments de l’ex-faca pour venger le massacre de huit personnes dernièrement dans les environs du village Koursou par ces ex-seleka.

© Janvier 2014 RADIO SIRIRI