DÉPÊCHE/Politique : Bozizé candidat du KNK pour la prochaine présidentielle

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Par Justin BELONGO & Gilles DELEUZE

BANGUI [LNC] – C’est dans la salle de l’omnisports de Bangui, une enceinte sportive à la base, qui ne l’est plus que de nom, tant elle est détruite par des manifestations politiques qui n’ont, en principe rien à y faire, que  vendredi, le Congrès du parti Kwa Na Kwa (KNK) de François Bozizé a démarré. Avec le slogan « Lango ni a lingbi awe », ou, en résumé, sens non littéral qui ne voudrait rien dire autrement en français « C’est le moment ». Ce fut autour un déferlement d’orange dans les abords, des “ouvriers” et des “ouvrières”, noms des militants et des militantes. Et bien sûr avec les habituelles “mama potiches” venues “ambiancer” par des chants et des danses, en dandinant du cul comme des pintades colorées.

L‘objectif de ce congrès ne faisait aucun doute. C’était le jour de la désignation du candidat du parti à la candidature présidentielle.

Et c’est au bout d’un long suspense, qu’enfin le nom de l’élu fut dévoilé : François BOZIZÉ !

En fait de suspense, point ! Comme au MLPC ou là bas aussi on a sa manière à soi de pratiquer la démocratie participative : IL ÉTAIT LE SEUL CANDIDAT, comme ZIGUÉLÉ au MLPC.

Car à vaincre sans péril, on ne risque rien. Qui est fou ?

Comme ça, contrairement aux pratiques occidentales de pléthore de candidats à la candidature, débattant sans fin, on fait l’économie de cette perte de temps.

L’élu, bien sûr ému aux larmes de déclarer entre deux sanglots : “Oh, je ne m’y attendais pas !” – Je blague les gars et les filles, il n’a rien dit de tout ça.

POUR LES GESTES BARRIÈRES, ON REPASSERA !

PAPY FAIT DE LA RÉSISTANCE

A 73 ans, bientôt 74 en octobre prochain, “l’huître” de Bangui ne désarme pas dans son obsession de quête du pouvoir. Avec un casier judiciaire épais de 8 tentatives de coups d’état ratés. Il n’est pas homme à s’embarrasser de scrupules. Ni de respect de la Constitution, qu’en son temps, il qualifiait de “papier des blancs”. Son slogan à lui serait “PPP”, le “Pouvoir Pour le Pouvoir”.

Pourtant, le 31 mai 2013, le procureur de Bangui, Alain Tolmo, lançait un Mandat d’arrêt international contre lui. Pour : « Crimes contre l’humanité et incitation au génocide ». Mandat d’arrêt toujours actif.

Mais dans ce pays cultivant l’impunité pour les puissants, qui à Bangui ira oser l’arrêter en application de ce mandat d’arrêt ? A moins que, la Cour Constitutionnelle ne se réveille de sa longue sieste pour briser les rêves mégalomaniaques du “putschiste compulsif”.

UN PALMARÈS CRIMINEL ET SANGUINAIRE TRÈS ÉLOQUENT

PRISON DE BOSSEMBÉLÉ, LE “GUANTANAMO” DE BOZIZÉ

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