LOBAYE : DE L’AGITATION DANS LA COMMUNE DE BOBOUA

CHRONIQUE VILLAGEOISE

Baudouin-Ignace ADA SIAKODE était un homme heureux jusqu’à ce fatidique 4 octobre, quand en sortant de chez lui, fier comme Artaban, il a été accueilli paru un concert de bruits de casseroles, et des cris de “DEMISSION !” “DEMISSION !”

Il faut dire que monsieur est le chef du village très récalcitrant de BOBOUA, situé dans la commune de MBATA.

Ce village pour ceux qui n’en sont pas familiers, se situe à environ 20 km de M’Baïki la capitale de cette Principauté (annulée par les colons français au début du siècle quand elle appartenait encore au dit Moyen-Congo), et très proche du village de Bokanga (siège des LAMINE) qu’elle jouxte, plus en bas il y a Bangui-Bouchia, et plus en haut c’est PISSA. Juste histoire de situer.

Donc les administré de Mr le Chef, manifestement ne partageaient pas sa bonhomie et son contentement de soi.
A tel point que les jours passant, ses relations avec sa population s’étaient rétrécies à peau de chagrin. Tant les tensions étaient lourdes.
Ces ingrats de villageois de lui reprocher à lui, le Chef, son népotisme, sa mal gouvernance, sa manière très personnelle de gérer l’exploitation du bois, sa malhonnêteté et autres joyeusetés.
A tel point que tout était bloqué dans le village.
A Bokanga à côté, il s’était même trouvé des habitants pour venir soutenir leurs confrères et consœurs de BOBOUA.

L’affaire en début de semaine est remontée aux oreilles du Maire de MBATA, Jean-Paul Makanda, qui assisté de quelques uns de son Conseil municipal, se rendaient dans le village pour tenter de débloquer la situation.
En Roi Saint Louis, il a écouté les doléances des parties. Mais le Chef, drapé dans sa dignité refusait de se reconnaître de torts. Bruits de grelots pour le ramener à la réalité, et contraint et forcé, il demande pardon à sa population.
Makanda décide alors de créer une sorte de comité de Salut public dans le village, avec 5 notables locaux, dont deux farouchement hostiles au Chef, y compris celui qui dirigera ce comité, à savoir Roger Vozilima.
Les revendications de la populations devront être accomplies : transparence dans la gestion de la chose publique, respect du Droit humain et divers autres exigences.
Le chef sauve sa tête très provisoirement.

A terme, Jean-Paul Makanda, prudent, de demander à la population de garder son calme, et d’assurer qu’il fera un bilan de tout ça aux “autorités compétentes” le plus vite possible, à savoir Bangui. Mais personne n’est dupe de la ruse.

Cette histoire lobayenne ne se réglera qu’entre lobayens, personne ne viendra de Bangui.

Aline M-YAMARA – LNC