ULTIME LETTRE OUVERTE A MICHEL DJOTODIA AM NONDROKO

Par Lévi YAKETE

Mon cher Michel,
Grâce à l’indiscrétion de certains de tes proches qui ne se sont pas empêchés de fantasmer lorsqu’ils ont appris la nouvelle, je suis informé que le dimanche, 18 Août dernier, à l’issue de ton adoubement comme « tyran » du peuple centrafricain, la promesse d’une importante somme d’argent t’a été faite par qui tu sais en vue du recrutement de « tueurs à gages » pour attenter à la vie du Président BOZIZE, son fils Francis, KOKATE, maître BANOUKEPA et surtout moi que vous considérez comme le plus redoutable, le « ver de terre » à écraser à tout prix.

Le sang des innocents que vous faites couler depuis décembre 2012 jusqu’à ce jour ne vous suffit pas. Il vous faudra, à l’exemple des vampires qui ne se nourissent que du sang humain, en ajouter le nôtre pour que vous soyez comblés de cadavres sur votre conscience, si vous en avez réellement une.

Comme pour convaincre tes commanditaires connus et inconnus de tes lubies barbares, tu t’es offert à cœur joie le loisir de faire la démonstration de tes aptitudes criminelles par la terreur que tu as fait abattre, sous prétexte de recherche d’armes, sur les paisibles populations de Boy-Rabe, Boeing, Combattant et autres, désormais « persona non grata » sur leurs propres terres.

As-tu vraiment la certitude que le Président BOZIZE et moi-même avions réellement distribué des armes aux populations que vous martyrisez injustement ?
Avez-vous vraiment la moindre preuve de ces allégations mensongères ?
Avez-vous trouvé des armes entre les mains de ces 14 jeunes égorgés dans la carrière située aux hauteurs de Boy-Rabé le mercredi 21 Août dernier ?

La fillette de six (6) ans qui a été froidement abattue à Boy-Rabe tenait-elle une arme en main ?
Le jeune père de famille du nom de Séraphin MBARAPAS, qui a consacré toute sa vie dans l’encadrement religieux des enfants et qui été criblé de balles devant sa femme et ses enfants après le pillage de sa maison avait-il une arme au poing ?
La tombe de la défunte maman du Président BOZIZE que tu as envoyé tes hommes profanée et saccagée contenait-elle également des armes ?
Es-tu réellement né d’une femme ou d’une bête sauvage ?
Quels péchés tes compatriotes de l’arrière-pays ont-ils commis à tes yeux, oh diable, pour que leur destin soit livré, dans l’indifférence totale, entre les mains de seigneurs de guerres sur qui tu n’as aucune autorité ?

A l’heure où je t’écris cette ultime et dernière lettre ouverte, plus de deux cents (200) militaires tchadiens ont occupé Bossangoa et ses environs.
Voulez-vous supprimer Bossangoa de la carte de la République Centrafricaine déjà sous l’occupation tchado-soudanaise et réduire en silence sa population ?

Pour notre part, n’étant pas assoiffés de sang, notre objectif n’est pas de te supprimer la vie le moment venu, mais plutôt de tout mettre en oeuvre pour te capturer vivant, toi et tous ceux qui t’ont accompagné dans ce cette aventure criminelle sans pareille contre le peuple centrafricain aujourd’hui excédé par la souffrance et la terreur.

Seule la justice, la vraie justice et non celle des vainqueurs, aura à vous interroger sur ce que les centrafricains vous ont fait pour mériter toute cette cruauté.
Souviens-toi néanmoins que depuis le début de ton aventure criminelle en 2006 jusqu’à son aboutissement en 2013, aucune atteinte n’a été portée à ta vie ni à ta sécurité, moins à celles des membres de ta famille ou proches parents. Pour preuve, tu es venu retrouver sains et saufs : ton ex-femme Denise MADINA DOUEKOE, tes enfants BALAWA, AMKALA et autres, tes propres frères dont je tais les noms pour des raisons personnelles; tes cousins et neveux AWAT, ABDEL, DJOUBAYE-ABAZENE, DEA, DJONO-AHABA occupant tous de hautes fonctions dans l’admnistration grâce au Président BOZIZE que tu es déterminé à tuer aujourd’hui, ton hypocrite parent MAMOUR dont la femme, bien qu’elle soit admise à la retraite, a été à la demande de celui-ci nommée par le même Président BOZIZE Conseillère Economique auprès de notre Ambassade à Khartoum, j’en passe.

De par la gravité des dures souffrances que tu as infligées au peuple qui te maudit jour et nuit, au lieu de te ressaisir et faire amende honorable devant l’ampleur du désastre humain causé par ta bande de criminels tchadiens et soudanais qui n’obéissent d’ailleurs jamais à tes ordres mais qui les reçoivent directement de leurs maîtres, tu persistes dans la voie du crime en osant désormais attenter à nos vies.
Malheureusement, face au laxisme et à la tergiversation de la communauté internationale habituée à jouer au « médecin après la mort », conforté par l’hésitation fort surprenante du Conseil de Sécurité des Nations Unies à prendre des mesures fermes contre toi et ton organisation criminelle qu’est la « Séléka », malgré le cri de coeur lancé dernièrement par l’Ambassadeur Armel DOUBANE à la tribune de cette organisation lors de son allocution d’adieu, tu te crois désormais nanti d’une carte blanche au point de vouloir, avec le concours de ton maître, attenter à nos vies.
Seulement, soyez rassurés que votre sale entreprise ne prospérera que si le « Dieu d’Israêl, de Moîse, de David et des Centrafricains » vous en donne le pouvoir.

Je puis enfin t’assurer pour ma part que je ne faillirai jamais dans ma détermination à mener ce juste combat de libération de mon pays et de mon peuple de ton joug et de l’oppression des barbares étrangers avec lesquels tu as pactisé. Dieu nous aidera fortement à vous mettre définitivement hors d’état de nuire. Car vous avez franchi le Rubicon de la barbarie et de la haute criminalité.
Enfin, rassures-toi que si j’avais peur de mourir, je n’aurais pas dû prendre ce grand risque de te combattre avec ton organisation criminelle « la coalition Séléka ».

Sache tout de même que comme Caïn à qui Dieu réclama le sang de son frère Abel, Dieu réclamera bientôt à toi et à tes complices et commanditaires le sang versé de tes frères et soeurs centrafricains sacrifiés sur l’autel de vos sinistres intérêts.

« LA PATRIE OU LA MORT NOUS VAINCRONS »

Fait le 23 Août 2013

Lévi YAKETE