Edito : CE QUE JE CROIS

Par Aline M’PANGBA-YAMARA
Rédactrice en chef
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Un petit clin d’œil à Béchir BEN YAMED, le fondateur de l’hebdomadaire panafricain “Jeune Afrique”, quand chaque semaine, il pontifiait dans son journal en y couchant ses avis complètement sans intérêt, avec son titre “Ce que je crois”. Etant entendu que “Jeune Afrique” et ce jusqu’à ce jour, a toujours eu pour ligne de conduite, d’ouvrir ses colonnes à la propagande éhontée des dictateurs africains, le finançant par des publi-reportages grassement payés. Si on cherche l’objectivité journalistique, ce n’est certainement pas chez “Jeune Afrique” qui a bien vieilli, qu’il faudra la trouver. Etudiante en journalisme à Paris, un de nos professeurs nous disait : “Bechir Ben Yamed est le modèle que vous ne devrez jamais reproduire.”

LNC sous ma direction ne s’est jamais compromis dans la complaisance pour les dictateurs et autocrates de tous poils locaux. 

Raison pour laquelle, nous n’appellerons jamais, mais au grand jamais, Faustin TOUADERA Président de la république. Mais juste : “TOUADERA”. Cet homme étant parvenu au pouvoir par la tricherie éhontée et des bourrages d’urnes. Ce que son adversaire, pas mieux loti, Anicet DOLOGUÉLÉ de dénoncer, bien avant l’installation de Touadera au palais de la Renaissance.

Comprendre que nous n’accordons aucune espèce de crédibilité à des tricheurs. Et Touadera en l’espèce nous conforte bien lui-même dans cette conviction par ses actes de corruption de tout ce qui passe sous sa main.

RÉPUBLIQUE BANANIÈRE

Il n’y a que dans ce pays où un individu peut se permettre de convoquer les députés de la république chez lui, pour les corrompre à coups de 1 million de F CFA chacun, sans que cela ne dérange personne.

Les grandes gueules qui plastronnent régulièrement sur les réseaux sociaux, là, ils font dans l’indignation  sélective, ça ne les intéresse pas.

Ce qui lui donnera la majorité à l’Assemblée nationale. Quid des dits media nationaux de dénoncer ? Quid des instances internationales de contester ? Quid des centrafricains eux-mêmes de constater, une telle pratique digne du pire de la mafia sicilienne ? Et quid même de la Cour Constitutionnelle de s’auto-saisir du dossier ?

Et aujourd’hui, voilà que ces députés corrompus jusqu’à la moelle, de chercher à nous vendre la prolongation de leur corrupteur au pouvoir, en piteusement se servir du prétexte du Coronavirus. 

Même un Martin ZIGUÉLÉ, pourtant pas un aventurier en matière de prise de risque politique de lui-même dénoncer. Lui au moins de ne jamais se compromettre dans des magouilles politiques. Même s’il n’est pas en soi un modèle de démocrate, en passant son temps à instrumentaliser le MLPC à sa gloriole personnelle.

La RCA fait partie des trois pays les plus pauvres du monde. Avec des problèmes dont la liste dépasserait celle du bréviaire de Prévert. Mais dans la “République de Bangui”, la seule préoccupation n’est et ne reste que celle des prédateurs au pouvoir, de tenter encore et encore de se perdurer. La soupe doit y être décidément très bonne.

Des milliers et des milliers de centrafricains sont en exil forçé hors du pays, et vivant dans des conditions abominables, quand d’autres sont des réfugiés internes, vivant dans des conditions tout aussi abominables, et sans aucun regard sur leur sort par le pouvoir en place.

On laisse ça aux ONGs, c’est leur affaire. Vivre de la mendicité internationale est devenu un mode de gouvernance du pays. Anecdote, dans une province que nous ne citons pas, la préfète de région de se plaindre :“Ce n’est pas normal que les ONGs n’agissent pas là.” Comme si cela allait de soi. L’aide humanitaire par définition ne peut qu’être temporaire, et nullement appelée à se perdurer.

Mais en RCA, l’on en a cure. On préfère y bêtifier un peuple à plus de 80% illettré dans la prière d’icônes exogènes.

Le 4 avril dernier, même Touadera d’y aller de sa prière à Jésus dans un discours officiel hallucinant. Sanctionnant du coup, son mépris (surtout son ignorance) du contenu des textes de la Constitution, statuant pourtant, que ce pays étant laïc (pour autant qu’il en sache le sens), ne saurait tolérer de telles sorties inappropriées. Car dans un pays se disant laïc, la foi y demeure une affaire personnelle, individuelle, et non publique.

Danielle DARLAN la présidente de la Cour Constitutionnelle, où est-elle pour dicter le Droit à Touadera sur le sens minimal du respect de la Constitution ?

Conséquence, les pratiques étant, la Constitution centrafricaine ne vaut rien. Elle est inadaptée dans un pays très clairement devenu religieux. Car c’est le leitmotiv des politiciens de régulièrement signer leurs diatribes d’un : “Que Dieu bénisse la Centrafrique.” Constitutionnellement parlant, ceci est complètement illégal. Mais ils s’en fichent complètement.

DANGBA MOLONGO (DERNIER DE LA LISTE)

Des années 40 aux années 60, l’Oubangui Chari était, à l’instar du Sénégal, un pays modèle. Alors que ce ne fut même pas le territoire le plus valorisé de “l’empire”. C’est dire. Ce n’était qu’un simple espace d’exploitation sauvage par les concessionnaires français. Dakar et Alger furent bien mieux favorisés. Malgré cela, le pays était plus modernisé que cette RCA actuelle. Une vaste poubelle à ciel ouvert.

Revenu maintenant au moyen âge à tous les niveaux.

Pays gangrené par la corruption de haute voltige et la dégénérescence culturelle.

Pays qui dès sa naissance était coupé en deux : d’un côté la “République de Bangui” où tout s’y passe et se décide, et le reste. Même les colons français n’avaient osé.

Un pays géré par des immatures politiques, plus soucieux de leurs bien êtres personnels que de celui de leurs administrés.

Un ex de la coloniale encore vivant de nous le résumer : “En 60 quand nous sommes partis, nous avions laissé un pays en bon état de marche, nickel, et prêt à se développer. Avec une administration efficace sur tout le territoire, des structures sanitaires en place (l’hôpital général de Bangui était un modèle qui faisait la jalousie du reste du continent.) Il y avait la voirie, des facteurs qui distribuaient le courrier tous les jours, le tout à l’égout, et même un cadastre à Bangui. Nous avions créé de nouveaux quartiers comme Sica, I, II, III, Fatima, Les Castors et autres. On faisait du ski nautique sur l’Oubangui, c’était très prisé. Nous avions créé des championnats sportifs à Bangui, mais qui devaient devenir nationaux plus tard. Mais Ils n’ont rien fait depuis ces incapables pour rendre cela national. Nous avions développé des zones d’urbanisation dans les provinces, créé des aéroports. IL y’avait des avions, des DC4 et des broussards à l’époque qui déversaient l’intérieur du pays. Bouar, de par sa position stratégique devait devenir la capitale économique. Mais tout ça est tombé en désuétude, dès que ces négros irresponsables ont pris notre suite. C’est un crève cœur pour moi de voir ce qu’ils ont fait de Bangui la coquette et de ce si beau pays. ou plutôt, de ce qu’ils n’ont pas fait. Bokassa même si je ne l’aimais pas (il tuait trop de gens), était quand même un sacré gars. Il reste le seul à au moins avoir tenté de faire quelque chose. L’université de Bangui, la seule du pays, c’est lui, l’aéroport de M’Poko, c’est lui, l’avenue Boganda modernisé, c’est lui. La mise en place d’une sécurité sociale, c’est lui, etc… Et beaucoup de choses encore. Juste que lui, il ne fallait pas trop le chatouiller. Et il est tombé à cause de sa mégalomanie, et son goût du sang. Après lui, les autres n’ont rien fait, que des clowns. Surtout le gros là, le Touadera. Quand je le vois à la télé, j’ai envie de vomir. Ils ne vivent que de cet héritage qui se dégrade de jour en jour. Mais vous vous  rendez compte, un pays qui n’a ni couverture en électricité, ni en eau potable sur tout le pays au XXIème siècle ? En province ils s’éclairent encore à la lampe tempête et vont chercher l’eau au puits. C’est un monde ça. C’est ce que je rappelle constamment à mon petit fils Mathias qui travaille avec vous.”

Avec une telle idiosyncrasie, comment voulez-vous qu’un pays en crise s’en sorte, alors qu’elle n’y arrivait pas dans ses rares temps “normaux” ?

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