TEMPÉRATURE : Martin ZIGUÉLÉ le fieffé opportuniste

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Par  Firmine YABADA

BANGUI [LNC] – Celui qui n’a jamais eu de crédit populaire, et même dont les centrafricains se méfient terriblement, tant il est connu pour sa capacité à être une girouette, a enfin trouver sa voie. Mister “ZIG-ZAG” comme nous l’avions surnommé, comble frénétiquement un vide laissé par le pouvoir en place. La Nature ayant horreur du vide, ZIGUÉLÉ fait le boulot en dénichant enfin son marronnier auquel il s’accroche comme l’autre avec sa noisette, à savoir le combat “verbal” et médiatique contre les bandes armées. Et Graal de sa lutte enfin atteint, lorsque Abass SIDIKI daignait le considérer en le traitant de “général”. Ah, comme être appelé “Président” sonne doux à son oreille. Mais pour le moment, il ne l’est que du MLPC, son parti politique, devenu son business familial.

Durant les campagnes sanglantes des SÉLÉKA dans le pays, le “Président” ne s’était pas précipité pour les condamner. Bien au contraire, de tempérer en déclarant qu’il fallait faire avec.

Une grave erreur qui sonnera son glas politique, en y perdant tout crédit auprès de la population. Avec cette infamie collée sur son dos de “complice des crimes des Séléka”. Une erreur rédhibitoire, que ni Dologuélé, ni Hassen, et ni encore et surtout Bokassa ne commettront.

Mais, “O TEMPORA O MORES” le voilà, oh divine surprise, désormais devenu le chantre de la lutte contre les bandes armées. Prenant la direction diamétralement opposée du gouvernement, préférant lui, louvoyer, voire même de copiner avec elles.

Dans le “tout contre”, il a trouvé sa voie, comme d’autres la trouve dans la foi.

Jusqu’à à en faire un peu trop, avec son nouveau cheval dada. L’on s’y croirait à le voir tellement impliqué. A tel point que l’on pourrait le croire réellement parti en bataille avec armes et bagages pour lutter contre ces bandes rebelles.

Tellement identifié, qu’il en arrive même à emprunter des slogans des autres pour se redéfinir, comme celui-ci, emprunté à Thomas Sankara, sans le dire : La Patrie ou la mort nous vaincrons !” Ben voyons !

Mais quelle est la part de sincérité dans toute cette agitation ? Pourquoi ne pas l’avoir fait en 2013, plutôt que d’envoyer Tiangaye au casse pipe ?

Un  soudain regain de courage qui lui faisait défaut à l’époque ? Mais, il faut dire que, faire du boucan aujourd’hui, est bien moins risqué que du temps des Séléka. Il n’est pas fou, juste un opportuniste.

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