EDITO : Verbatim, la parenthèse désenchantée, ou la porte ouverte à toutes les fenêtres

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Par Aline M’PANGBA-YAMARA
Rédactrice en chef
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A l’image du dramaturge Rainer Maria Rilke, résumant en une phrase un projet théatral de Maeterlinck par cette phrase : « Parler de cette autre vie invisible, d’une façon visible », depuis ce qui avec le recul reste une méga crise à tous les niveaux, menant la République centrafricaine à venir s’abîmer  dans les abysses des enfers, “d’autre vie” ? point ! Le Centrafrique peine à concrétiser un autre chose qu’elle n’a d’ailleurs jamais rêvé par delà ses drames, et les délires de ses fantasmes religieux. Car depuis 2013, cela n’a cessé d’empirer, avec sa classe politique de toujours s’entêter à vouloir se répéter dans les mêmes pratiques d’autisme et d’égotisme. Et toujours dans la non prise en compte d’un peuple souffrant et désespéré, devenu invisible dans leurs préoccupations. Ils ne cherchent même pas à rêver autrement. La question ne se posant même pas. Aux mêmes maux répétés, les mêmes effets, mais cumulés.

Dans une supposition loin d’être imaginaire ou folle, la suppression du gouvernement Centrafricain  et de ses satellites de politiciens ne changerait pas grand chose à la situation du pays, et même serait la levée d’un frein dirimant.

A QUOI SERT UN GOUVERNEMENT FACTICE DANS UN PAYS QUI N’EXISTE PAS ?

Tant, au constat, d’avec un pays ayant plus de 80% de son territoire hors contrôle. Tant, à 100% il dépend de l’internationale pour survivre, avec effets pervers, de n’avoir plus le pouvoir sur les manettes de sa destinée et de son auto-détermination. Pays, pour ce qui en reste, étant ouvert à tous les vents exogènes de manipulation. Une espèce de porte ouverte à toutes les fenêtres. Tant est nul, l’impact dans le pays des actions gouvernementales, se contentant juste d’accompagner les activités des OGs et des ONGs étrangères. Le Chef de l’Etat n’étant plus cantonné qu’à des activités de représentation, pour aller inaugurer les chrysanthèmes.

LES ENFANTS S’OCCUPENT – LA CAMERA OBSCURA

Pendant que le pays se meurt, “eux”, s’étripent dans des guerres intestines, de flagornerie personnelle et d’egos rétrécis. Eux ? Les politiciens locaux de la république de Bangui.

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De fait, lequel d’entre eux, toutes tendances confondues s’est-il penché un jour sur le drame de ses citoyens ? Ils s’en moquent complètement, laissant cela aux ONGs.

Lequel s’était-il indigné contre les viols impunis des mineurs centrafricains par les Sangaris et les MINUSCA ?

Lequel d’entre eux s’est-il penché, ni ne s’est même préoccupé du sort dramatique des plus 600.000 nationaux en exil forcé dans les pays voisins ?

Lequel d’entre eux, sorti de sa propre auto-promotion, et culte de sa propre personne (à l’instar de Ziguélé) a-t’il fait des propositions concrètes de sortie de crise ?

Unique fixation, le pouvoir pour le pouvoir. Quitte à corrompre, quitte à voler, quitte à magouiller, quitte à tricher, quitte à mentir…Comme s’ils vivaient tous dans une bulle. Ce qui est le cas.

Des agissements de ces politiciens pour le moins déconcertants. Contenant des discours, outre leur rampante démagogie, et puéril populisme, des messages politiques diffractés, fondus dans une loufoque théâtralité confinant au vertige et à l’opacité. Que Jean Genet en son temps qualifierait de « clownerie ».

Ces individus vivent complètement hors sol.

Kindergarden, les enfants se fritent dans la cour de récréation, inconscients de tout ce qui les entoure.

QUE FAIRE ALORS ?

Avec et surtout sans ses politiciens endémiquement incompétents, le Centrafrique ne saurait se faire l’économie d’une révolution culturelle sans cesse repoussée – car la pauvreté n’explique pas tout –  de manière à enfin se départir de ses pesanteurs séculaires à tous les niveaux : Sous éducation, voire inéducation, Mal gouvernance, corruption, immaturité politique, obscures traditions, hégémonie religieuse, etc….

Mais qui en serait l’impacteur ? Manifestement, aucun de ceux-là s’agitant sur la scène médiatique. La RCA, pour ce qui en reste, est encore à se réinventer.

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Certains évoquent la jeunesse pour le renouveau centrafricain. Mais de quelle jeunesse parle-t-on ? Aux 3/4 illettrée ou sous instruite ? Et déjà instrumentalisée par les différents politiciens du pays pour leur faire la clap ?

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