Centrafrique : Une loi Code pour les droits des enfants ? De qui se moque-t’on ?

Français | English

Fanny Minao N’Diaye

BANGUI [LNC] – L’accouchement du texte fut déjà difficile. C’est dire si le sujet du bien être des enfants en Centrafrique n’intéresse pas grand monde. Mais au fin du fin, TOUADERA vient, après un long processus, de promulguer cette semaine, un texte pour la protection des enfants centrafricains. Car en dépit de déjà un Code de la famille et un Code pénal prévoyant déjà certaines mesures, il n’existait pas de cadre juridique et normatif à cet effet. Mais quel crédit accorder à tout cela, quand on sait que dans ce pays, les textes de loi ne restent que du papier sans valeur ?

Un dossier menée par Aline Gisèle Pana, la ministre de la Promotion de la femme, de la famille et de la protection de l’enfant.

Selon elle : « C’est le premier texte qui criminalise vraiment, parce que ce n’est plus l’enfant qui va être considéré comme auteur. Aujourd’hui, à travers ce Code, l’enfant devient une victime. Il était considéré comme un acteur et le Code aujourd’hui le décriminalise. Donc interdiction de l’enrôlement des enfants dans les forces et groupes armés. Il y a la question aussi de la protection des enfants contre tout abus toute exploitation toute violation de leurs droits en ce qui concerne l’utilisation des enfants à des fins pornographiques. »

Pour Béatrice Epaye, la députée présidente de la fondation Voix du Cœur, une association venant en aide à l’insertion des enfants : « Je crois que longtemps le pays a souffert du manque de cette loi. Je prends un exemple. Pour le Covid-19, des enfants ont été libérés de prison. Mais ces enfants qui sont des mineurs partageaient la même prison que les adultes. Et leur témoignage. Les témoignages de vie en prison des mineurs mélangés avec les adultes c’est accablant. Donc aujourd’hui l’application de ce Code va aider la justice à mieux faire son travail. »

Juste à craindre que tout ceci ne soit que du cinéma, et ne s’en tienne qu’à des vœux pieux. Car où étaient et sont encore ces personnes, Faustin Touadera en tête, pour dénoncer les agressions sexuelles contre des mineur(e)s centrafricains, par les soldats français et les casques bleus de la MINUSCA ? Aucun d’eux n’a jamais ouvert la bouche contre ces crimes. Et ce n’est pas une loi qui y changera quoi que ce soit. Le Centrafrique est mondialement connu pour être le pays le plus dangereux pour les enfants.

© Juin 2020 – LAMINE MEDIA – Tous droits de reproduction réservés