Tchad : Idriss DEBY a-t’il renoncé à manipuler la RCA ? Pas du tout. Ali DARASSA son poulain y veille pour lui

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Lingyun Xu Wan

NEW YORK [LNC] – La volonté à peine cachée du président tchadien Idriss DEBY de vouloir contrôler la RCA n’est pas une simple vue de l’esprit. Le Tchad a besoin du Centrafrique, ne serait-ce que pour son eau abondante. Une des raisons du lâchage de Bozizé, qu’il avait pourtant aidé à prendre le pouvoir par un coup. Bozizé avait refusé que les eaux de l’Oubangui soient redirigées pour alimenter le lac Tchad asséché. Deby a aidé à la mise en place de la Séléka (hommes et armes), avec Nourredine ADAM (FPRC), un de ses proches sur place. Deby, avec la complicité de la France, a ridiculé le pseudo parlement transitoire centrafricain, en le convoquant à N’Djamena, pour mettre dehors Djotodia, jugé incapable. Depuis, Deby s’est mis en tête d’instrumentaliser la MINUSCA, en convoquant son ex chef le gabonais ONANGA-ANYANGA à N’djamena une après midi pour lui passer ses consignes. Depuis, la MINUSCA obéit aux ordres tchado-françaises. A l’ONU, la France garde la main, et sur le terrain, des hommes comme Ali DARASSA, obéissant à DEBY font le travail. C’est ceci qui explique pourquoi Ali DARASSA fait ce qu’il veut en Centrafrique, en contrôlant tout le riche sud-est de la RCA à son  profit, avec l’assentiment de la MINUSCA, le préservant, et le chouchoutant.

La MINUSCA est un bateau ivre, avec personne aux commandes. Le sénégalais Mankeur N’DIAYE son nouveau chef n’a la main sur rien. Tout est décidé par des forces extérieures au dessus de sa tête.

A commencer par la France, qui se sert de l’ONU comme étant son terrain de jeu, pour continuer à maintenir la RCA sous coupe de sa ferme tutelle. Et du Tchad, complice sur le terrain pour y imposer ses satrapes diktats intéressés.

Dernier exemple, Ali Darassa, le chef de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), dont nul ne comprend pourquoi ce chef de guerre sanguinaire, n’ayant même pas la nationalité centrafricaine, et assassin de masse de surcroît, soit autant et ménagé, et protégé par les forces de la MINUSCA. Devenant même un partenaire privilégié de négociation du gouvernement centrafricain.

L’individu n’ayant aucune accroche centrafricaine, ne parle ni français, ni Sango. C’est un nigérian. Comment peut-il avoir signé cet Accord inique de Khartoum en étant un complet étranger ? Ce simple fait aurait dû alerter la Cour Constitutionnelle Centrafricaine, pour rendre cet accord caduc pour vice de forme.

Comme nous le confirmait récemment un proche du pouvoir de Bangui : “Nous n’avons pas la capacité de nous opposer à Darassa, il est protégé en haut lieu.”

QUÊTE DE PAIX ET DE JUSTICE ?

Lorsqu’il s’est agi d’exfiltrer Darassa en perte de vitesse à Bambari, c’est la MINUSCA qui s’en était occupée, en y envoyant un hélicoptère pour le mettre en lieu sûr.

Et pour ses déplacements dans le pays, la MINUSCA de mettre encore ses aéronefs à sa disposition.

Ce qui interroge sur la réelle volonté de la MINUSCA d’agir pour le retour de la paix en Centrafrique, par ses manœuvres de systématique protection de chefs de guerre, causes même de la déstabilisation du pays.

Ce qui également de facto, annule toute espèce de volonté de la communauté internationale de poursuivre les auteurs de la crise centrafricaine. Car difficile de poursuivre des individus sous protection de la MINUSCA, et jouissant de l’impunité assurée par l’accord de paix de Khartoum.

Ce qu’admettait l’ex ministre de l’intérieur centrafricain Jean-Serge Bokassa : “La MINUSCA fait ce qu’elle veut sans nous avertir, elle ne nous aide pas.”

En somme, le sauveur devient l’oppresseur.

La MINUSCA de systématiquement botter en touche lorsqu’il s’agit d’admettre certains dysfonctionnements constatés sur le terrain, l’énorme scandale des viols de centrafricaines, souvent mineures, ou les multiples cas de collusion de certains de ses contingents à coloration musulmane sur le terrain avec des forces Séléka, cas patents des pakistanais dans le Nord.

Un diplomate ouest africain en place à Bangui, se confiant récemment sous anonymat à LNC de faire le constat : “Vous savez, la MINUSCA dispose d’un mandat robuste de l’ONU, lui accordant toute autorité pour neutraliser militairement ces rebelles qui détruisent ce beau pays ? Pourquoi elle ne s’en sert pas au lieu de protéger ces bandes armées ? C’est bien madame le but de votre question non ? Nous mêmes ne savons pas, ne comprenons pas. C’est à croire que certaines forces s’épuisent à vouloir entretenir la RCA dans le chaos. mais à quelles profits ? Il ne peut pas y avoir de paix sans justice. A notre avis, l’ONU devrait très sérieusement investiguer sur ces étranges pratiques de la MINUSCA en Centrafrique. Parce que là, c’est l’argent des contribuables, et des millions de $ la finançant qui est détourné des buts de la mission. Mais à quels desseins ? Vous nous demandez pourquoi des étrangers comme DARASSA ont table ouverte dans des négociations ne concernant que des nationaux ? C’est un paradoxe que nous-mêmes ne comprenons pas. A propos de l’implication tchadienne dans ces histoires, comprenez que devoir de réserve oblige, nous ne pouvons vous donner suite.”

Aussi, parler de justice en Centrafrique est une vaste fumisterie. Il ne peut y avoir de paix sans justice, et nous n’en prenons pas le chemin. Cette crise a de beaux jours devant elle, tant que les choses resteront en l’état. Et tant que tous les acteurs impliqués dans le dossier, prendront pour fait acquis, que les bandes armées aient légitimement contrôle de 85% du territoire. C’est juste cautionner à l’évidence, l’implosion de la RCA en tant que pays souverain.

LE POUVOIR DE BANGUI SUR LE PAYS N’EST QU’UNE VIRTUALITÉ.

MAIS QUE GAGNE LA FRANCE DANS CES MANIPULATIONS ?

FRANÇAFRIQUE quand tu nous tiens ! Pour la France, c’est comme une espèce de réflexe conditionné, même si cela ne lui rapporte rien. La RCA appartient à son pré-carré “naturel”, et elle ne compte pas y renoncer. Que fait là encore une base militaire française, stratégiquement basée, comme au Tchad, aux alentours de l’aéroport de Bangui M’Poko, si ce n’est pour y gérer les entrées et sorties du pays ? La RCA n’est-elle pas un pays indépendant et plus sous la tutelle coloniale française ?

Cette base française à M’POKO, totalement illégale, en fait la démonstration du contraire. Aucun accord militaire entre la France et la RCA ne valide une telle présence. Nous avons vérifié !

Pourtant, les échanges économiques entre la RCA et la FRANCE, actuellement frisent le zéro. La France n’est plus le premier partenaire économique de la RCA. Actuellement, le premier partenaire économique de la RCA étant dorénavant la CHINE. La vérité est donc à trouver ailleurs.

Et ailleurs, c’est le positionnement géographique stratégique de la RCA qui en est la raison. C’est le centre du continent. Et en conséquence, toute perturbation dans cet espace, affecte nécessairement et obligatoirement les intérêts de la France dans la sous région : au Tchad, au Gabon (sous préfecture française), au Congo Brazza, autre sous préfecture, ou encore au Cameroun.

La France ne disposant pas de ressources naturelles propres, a besoin de l’Afrique francophone pour se fournir, qu’elle gère et contrôle à travers la monnaie de soumission qu’elle a inventé pour elle, le Franc CFA. Ce que l’économiste centrafricain Magloire LAMINE ne cesse de dénoncer en vain depuis une vingtaine d’années.

Et un Centrafrique dérégulé, c’est le risque d’un embrasement sous régional, et un mauvais exemple pour les autres. Bien évidemment, ce ne sera jamais la presse française qui vous racontera cela.

La RCA est gardée sous la main comme réserves de ressources naturelles pour la France (pétrole, Or, Argent, Uranium etc.. qu’elle pourra ré-exploiter à son profit le moment venu. Une des raison de la chute de Bozizé tient au fait qu’il avait osé permettre aux chinois d’exploiter le pétrole centrafricain, que le pays partage avec le Tchad.  Et en passant, plus la RCA attendra pour exploiter son pétrole, et plus cela profitera au Tchad, par le jeu des vases communicants.

Raison pour laquelle la France ne peut pas laisser ce pays passer sous le contrôle d’autres auspices. Et certainement pas des russes. Les manipulations de la presse centrafricaine par les services secrets français en RCA pour faire de l’anti-russe SYSTÉMATIQUE en est la démonstration. Cela, relayé par la presse française, LE MONDE, RFI et d’autres.

Depuis la factice indépendance, la FRANCE qui n’a jamais lâcher la main, fait la pluie et le beau temps en RCA, en y imposant qui lui plaît au pouvoir, par des élections truquées, ou en y cautionnant des coups d’état. Patassé inclus. Ce pays n’a jamais connu d’élections libres et transparentes. La France s’y est toujours arrangée pour y truquer les élections. Et encore très récemment.

QUI A DÉMOCRATIQUEMENT ÉLU TOUADERA ? Tout avait été décidé à l’ambassade de France à Bangui. Mais cet ingrat de Touadera a préféré depuis se tourner vers les chinois, et surtout les russes. Ce que la FRANCE depuis ne lui pardonne pas. Se référer à ses rapports tendus avec Macron.

Quasi 90% des politiciens centrafricains sont des binationaux, français avant tout. Où fuient-ils tous quand ça ne va pas au pays pour eux ? En France ! Restant toujours la Métropole et la ‘mère patrie’.

S’il est légitimement acquis qu’une Marie Reine HASSEN soit une binationale, ce qui est normal, son père étant français, ce n’est pas le cas des autres. De simples opportunistes économiques.

Le principe du patriotisme pour ces politiciens de Bangui est un concept à géométrie variable.

In fine, il convient de bien se mettre en tête que lorsque l’ONU statue sur le cas centrafricain, c’est la France qui parle. L’ONU en l’espèce n’étant que son déguisement.

En attendant, ALI DARASSA continue sa quête d’installation de son sultanat en toute liberté, dans un pays n’étant même pas le sien.

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