Centrafrique : Un pays fictif où y règne plus que jamais, la loi des bandes armées rebelles

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Ahmed HASSAN

N’DÉLÉ [LNC] – UBUESQUE ! Il y a quelques jours, Thomas VAAH, le chef du bureau de la MINUSCA à N’DÉLÉ, de déclarer avec enthousiasme ceci : « Abdoulaye Hissene a affirmé le désir de coordonner ses efforts avec la MINUSCA pour renforcer la sécurité de la ville et assurer la protection des civils. A ce titre, il a aussi accepté le déploiement des FSI dans la préfecture ». Et il fallait également le feu vert d’HISSENE, pour que le nouveau préfet du Bamingui-Bangoran puisse entrer en fonction. Quel est donc ce pays où les bandes armées y font la loi à leur guise ? Et quelle est donc le rôle de cette MINUSCA, se faisant ouvertement complice de criminels en leur assurant l’impunité, au mépris de leurs condamnations par l’ONU, pourtant sa maison mère ?

Nous ne le dirons jamais assez, à quel point le dit “Accord de paix de Khartoum” est un piège à cons et un attrape nigauds. Car il n’aura eu pour conséquence, que d’assurer l’impunité à des chefs de guerre, dont les groupes auront pourtant massacrés des civils à grande échelle. Et continuent de le faire.

Et de les sanctuariser dans le paysage national, comme une normalité, comme si cela allait de soi. De fait, la balkanisation du pays est actée. Il est donc acquis que les bandes rebelles ont maintenant tout pouvoir sur 80% du territoire national, qu’ils exploitent à leurs profits. La MINUSCA les a chassé ? Jamais ! La République de Bangui s’en est émue ? Même pas.

Et voilà des assassins, des illettrés, des délinquants, des prédateurs des ressources du pays, élevés au rang de partenaires convenables pour négocier, et à qui la MINUSCA, comme le pouvoir en place déroulent le tapis rouge sous leurs pieds, quand ils ne les financent pas.

ABDOULAYE HISSENE SUPERSTAR

Le Conseil de sécurité des Nations Unies pourtant, avait statué sur le sort d’Hissene et sur ceux de bien d’autres chefs écrivant ceci : “Conformément au paragraphe 59 (d) de la résolution 2127 (2013), le Comité des sanctions du Conseil de sécurité concernant la République centrafricaine publie un résumé des motifs de l’inscription sur sa liste des sanctions des noms d’individus et d’entités.

En vertu des paragraphes 16 et 17 g) de la résolution 2339 (2017), ABDOULAYE HISSENE a été classé dans la liste pour «s’être livré à ou avoir soutenu des actes qui portent atteinte à la paix, à la stabilité ou à la sécurité de la RCA, y compris ceux qui menacent ou entravent le processus de transition politique, ou le processus de stabilisation et de réconciliation ou qui attise la violence; “et” avoir été impliqué dans la planification, la direction, le parrainage ou la conduite d’attaques contre des missions de l’ONU ou des présences de sécurité internationales, y compris la MINUSCA, les missions de l’Union européenne et les opérations françaises qui les soutiennent.”

Manifestement, personne à la MINUSCA n’a dû en prendre connaissance, car l’individu et son FPRC sont devenus incontournables dans le Bamingui-Bangoran. Thomas VAAH, tombé sous le charme, avec qui il se concerte régulièrement, ne tarit pas d’éloges à son propos. Quelques unes de ses envolées admiratives :

« Le retour de son chef Abdoulaye Hissene, a créé beaucoup d’attente au sein de la population qui espère retrouver la paix »

« Il s’est engagé à coopérer dans toutes les investigations lancées par la Minusca concernant les derniers événements. Il a par ailleurs, mis l’accent sur la nécessité du déploiement des Unités Spéciale Mixte de Sécurité (USMS) comme envisagé dans l’Accord politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine »

« Abdoulaye Hissene promet d’œuvrer pour le retour de la paix dans la région. »
Quand on sait ce que valent ses promesses !
Hallucinant ! C’est au pyromane que la MINUSCA accorde le rôle de pompier pour éteindre son propre feu, ou de confier à un voleur le soin d’enquêter sur son propre forfait.

LUNE DE MIEL AVEC LE FPRC

« les interactions avec les dirigeants du FPRC ont été intensifiées, ayant pour seul objectif la protection des civils et pour mettre fin à la crise actuelle. Le Sultan-Maire de N’délé soutient nos efforts dans ce sens », dixit encore Thomas VAAH.

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Mais, pour une autorité locale que nous avions questionnée : “Ils sont fous de faire confiance à Hissene. Ce gars là change d’avis comme de chemises, il n’est pas fiable. Et pourquoi c’est le FPRC qui doit gérer les choses ici, il n’y a plus d’Etat dans ce pays ?”

La Cour Pénale Spéciale jugera qui ? Tous les criminels sont maintenant des ministres, des amis du gouvernement et de la MINUSCA.

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