Tchad : Catherine Samba-Panza en visite à N’Djamena

Albert FALL

N’DJAMENA (LNC) — Elle était hier à N’djamena, pour ce qu’il est convenu d’appeler une visite de travail de 24 heures.

Lors de sa rencontre avec le Président tchadien, Idriss Deby, elle a évoqué la situation sécuritaire en République centrafricaine et reconnu l’incapacité de son gouvernement à assurer la sécurité des musulmans qui ont fui la Centrafrique en grand nombre en direction du Tchad.
Mais elle a promis qu’elle reviendra les chercher quand la situation sécuritaire se sera améliorée.
« La question primordiale c’est ce problème de sécurité, qui a obligé nos frères musulmans vivant en République centrafricaine, à vouloir quitter le pays pour se mettre à l’abri dans un pays qu’ils ne connaissent pas souvent, parce qu’ils n’y sont pas nés, ils n’y ont pas grandi. Beaucoup de Tchadiens vivant en République centrafricaine y sont depuis au moins plusieurs générations. Et donc de les voir quitter notre pays nous déchire le cœur. Mais pour pouvoir les retenir, il faut que nous soyons en mesure d’assurer leur sécurité. Malheureusement, nous ne pouvons pas assurer leur sécurité. Le jour où cette sécurité reviendra, il m’appartiendra, avec tout le peuple centrafricain, de revenir vers ces frères-là et leur demander de revenir à nouveau dans leur patrie » a t’elle expliqué à la presse.

Quant à Idriss Deby, il a profité de l’occasion pour lancer un appel au dialogue avec les ex rebelles séléka.
Car pour lui, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) qui a démissionné” le président de la transition centrafricaine à la démission n’a pas honoré ses engagements vis-à-vis des Seleka.
« Des Seleka sont partis dans le nord et on assiste, de fait, à une sorte de division de la République centrafricaine. Il faudra prendre contact avec ces gens pour qu’ils regagnent la mère patrie. Et il ne s’agit pas non plus aussi de les combattre avec les armes. Ils étaient casernés, ils ne peuvent pas sortir. Quand on sort, on tire sur eux. Maintenant c’est à la présidente, avec l’appui de la communauté internationale, l’appui du pays voisin, de faire en sorte que ces frères-là reviennent à la légalité.
En faisant démissionner Michel Djotodia, nous avons fait des promesses aux éléments de la Seleka.
Et nous n’avons pas tenu ces promesses-là.
Je le reconnais publiquement.
Donc, il nous revient nous aussi de gérer ce tort que nous avons fait en République centrafricaine » déclara-t’il.

© Février 2014 LNC