Politique : Sale coup pour Touadera, les USA s’opposent à ses agitations pour se perdurer au pouvoir

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Fanny Minao N’Diaye

PORTO [LNC] – Les USA qui contrairement aux apparences sont l’uns des plus gros contributeurs financiers de la RCA, et bien loin devant la France (n’en déplaise), viennent de marquer un coup d’arrêt brutal aux velléités de Faustin Touadera et de sa majorité corrompue au Parlement de vouloir se perpétuer au pouvoir illégalement. Lucy TAMLYN l’ambassadrice américaine à Bangui a été on ne peu plus claire sur le sujet. Le chronogramme électoral doit être respecté, POINT !

C‘est dans une interview exclusive, accordée ce matin à notre consœur de Radio Ndeke Luka, que Lucy TAMLYN a très clairement explicité la position des Etats UNIS : “Je rappelle que lorsque notre Secrétaire d’Etat s’est rendue en Centrafrique, en Janvier dernier, elle a apporté un message du soutien américain, pour des élections libres, équitables, et dans les délais constitutionnels en RCA. […] Le 21 avril, les membres du G5 ont donné leur soutien, pour l’organisation d’élections libres, inclusives, transparentes, pacifiques et crédibles. Dans le strict respect du calendrier électoral, et des dispositions constitutionnelles qui s’imposent à tous les acteurs sans exception.” 

CHO DEVANT !

On ne saurait être plus clair. Précisons que Lucy TAMLYN a balayé d’un revers de la main, l’argument du Coronavirus évoqué par le journaliste de Radio Ndeke Luka. Les élections doivent se dérouler dans les délais impartis, et rien d’autre. Un très mauvais caillou dans la concession de Touadera.

Car difficile de chercher à corrompre Lucy TAMLYN comme il en a l’habitude à Bangui. L’obstacle étant trop lourd à avaler. NO WAY !

Une première pour les USA, qui jusque là, ne s’étaient jamais mêlés de la vie politique centrafricaine, laissant cela aux français et à leurs manipulations des élections.

Analyse de Sandra Martin-White consultante juridique et politique de LNC : “Il y a deux lectures complémentaires de cette réaction américaine. Primo, la RCA n’est plus la chasse gardée de la France, qui depuis l’indépendance y impose qui elle veut au pouvoir, soit par coups d’état avalisés, soit par des élections truquées. Et l’immersion des chinois et des russes a changé les donnes. Le pouvoir américain aussi a changé.

Donald Trump, avec tous ses défauts se veut être le chantre de la liberté des peuples. Souvenez-vous de son tweet quand il disait que l’Union Africaine n’était qu’un repaire de dictateurs et de putschistes. Secundo, l’affaire du tripatouillage de la Constitution par les séides de Touadera pour le faire durer au pouvoir n’est pas passé inaperçue. Le monde entier le sait. On sait très bien que les arguments juridiques avancés par les pseudos juristes proches de Touadera ne tiennent pas debout. Car la Constitution centrafricaine du 30 mars, est remplie de vides et d’impasses. La preuve. En de tels cas, seule la Cour constitutionnelle a autorité pour la retoquer si nécessaire. Et certainement pas des députés, qui seraient à la fois juges et parties. Ce qui est tout simplement illégal. Je ne fais que citer le Droit là.

Enfin, les américains sont très à cheval sur le respect de la Constitution. Et comme là, ils mettent le nez dans le dossier centrafricain, il est évident que cela ne pourrait pas passer. Et si Touadera s’amuse à passer outre, il est certain qu’il aurait les USA sur le dos. Ce que à mon avis il ne fera pas. Car le dossier a pris une dimension internationale. Il ne peut plus tricher comme il en a l’habitude. C’est fini ça ! – Enfin, soyez certains que les USA auront un regard acéré sur les prochaines élections. Touadera est donc ramené à sa plus simple expression de corrupteur compulsif. Car s’il fait un pas hors des clous, les USA n’hésiteront pas à le foutre dehors. Et ce ne seront, ni les russes et ni les chinois qui vont le regretter”

 

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