RÉGION/NANA MAMBÉRÉ : Bouar, l’inquiétant oubli des unités spéciales mixtes de sécurité (USMS) par Touadera

Eve MALONGA

BOUAR [LNC] – L’un des volets de l’Accord de Paix de Khartoum signé en février 2019, stipulait le regroupement des forces régulières (FACA), ainsi que les policiers et gendarmes, avec des éléments fraîchement démobilisés, issus des groupes rebelles, signataires du dit accord. Ces ex miliciens rebelles qui auront la dénomination d’unités spéciales mixtes de sécurité (USMS), auraient, après une courte formation militaire de deux mois à Bouar, le mandat d’assurer la sécurité des populations et des couloirs de transhumance. A Bouar, ils sont au nombre de 400. Leur formation étant achevé depuis  plus de 5 mois, ils attendent toujours la remise de leurs numéros de matricule pour être opérationnels sur le terrain. Car de toute évidence, malgré les promesses gouvernementales, ils semble avoir été oubliés, d’ou hier matin, leur grosse colère.

Cela avait pourtant bien commencé le 16 octobre 2019, quand Touadera s’étant déplacé personnellement sur place, pour procéder à leur installation au camp Leclerc à Bouar, dans les  bâtiments de l’armurerie, remis à neuf  aux frais de l’Union Européenne.

Au terme de leur formation de deux mois, ces USMS seraient intégrés aux Forces de défense et de sécurité (FDS), ainsi qu’aux membres des groupes armés, qui auraient été soumis au processus de désarmement, démobilisation, réintégration, rapatriement (DDRR).

A Bouar, ces 400 USMS  proviennent de 5 groupes rebelles, signataires de l’accord de Khartoum, à savoir  des 3R d’Abbas SIDICKI, des ANTI BALAKA aile Mokom et Gaissona, du FDR, du RJ aile Belanga, et du FDPC.

TOUADERA NE TIENT PAS PAROLE

C’est Touadera lui-même qui leur avait assuré qu’après leur formation, leur processus d’intégration sur le terrain se ferait automatiquement dans la foulée.

Mais un peu plus de 7 mois plus tard, ils attendent toujours la concrétisation de cette promesse. Et leur patience a fini par s’épuiser dès hier matin, et ils ont décidé d’agir.

C’est ainsi qu’hier, dès 5 heure du matin, ils quittèrent leur cantonnement, pour aller  érigé des barrières au niveau du village de Wantiguira, localisé sur le tronçon Bouar – Baoro  (60 Km), en paralysant complètement la circulation, notamment pour les véhicules de transport en partance pour Bangui.

Leur action coup de poing se voulait être un signe pour Bangui, afin de les prendre en  considération. Mais durant toute la journée, Bangui contacté s’est complètement mis aux abonnés absents.

Au ministère de la Défense, il nous a été poliment répondu que le dossier dépendait de la présidence et pas d’eux. Comme aucune instruction n’a jamais été donnée pour gérer ce dossier devenu épineux.

LE RISQUE ENCOURU

Ce qui dès lors est à redouter, serait de voir de tels  soldats, bien plus  aguerris que les actuels tendres FACA, par des années dans le maquis, disparaître dans la nature pour s’en retourner grossir les rangs des bandes armées qui pullulent toujours dans le pays.

En négligeant de respecter sa parole donnée, le pouvoir de Bangui vient de dégoupiller des grenades à retardement, dont il ne sait pas quand elles exploseront.

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