Centrafrique : Suspension du complexe sportif B. Boganda, la honte centrafricaine

Français | English

Albert Mahamat FALL

BANGUI [LNC] – Le 7 mai dernier, la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) a prononcé la suspension du complexe sportif Barthélémy Boganda à Bangui. Le seul stade du pays qui était capable encore de recevoir des compétitions internationales. Une décision logique, étant donné la propension des centrafricains à détruire ce que les autres leur offrent. Les centrafricains sont incapables d’entretenir leurs biens et mobiliers. Ce complexe sportif, don des chinois il y a 15 ans, était devenu la cour des miracles, pour tout et n’importe quoi, sauf pour du sport (ou presque) : manifestations politiques, messes des religieux qui y poussent comme la mauvaise herbe, en exploitant  la pauvreté et l’illettrisme, danses sur le gazon, gargotes, ventes à l’étalage et on en passe et des meilleurs. Des infantilismes et des irresponsabilités que la FIFA vient de sanctionner douloureusement. En faisant déplaner tous ces zombies.

Dans le cadre de son projet de développement des infrastructures en Afrique, la FIFA avait envoyé des émissaires dans tous les pays africains pour faire un audit des lieux.

Et c’est ainsi qu’en février dernier, la FFC (fédération de football centrafricain) avait reçu deux missions d’experts de la FIFA, venus superviser le Complexe sportif Barthélémy Boganda (stupidement appelé stade 20.00 places). Mais, trois mois plus tard, la sentence est tombée.

QUE REPROCHE LA FIFA ?

Il est reproché au Complexe sportif Barthélémy Boganda, le mauvais état de sa pelouse, jamais entretenu, et détruite à force d’être piétinée par le tout venant, l’état délabrédes vestiaires, et donc plus aux normes internationales, les bureaux destinés aux commissaires de match et aux arbitres, les salles de presse, les parkings extérieurs encombrés par des détritus et autres objets inconnus, etc…..

Cela dit, c’est une bonne vieille habitude centrafricaine récurrente de négligence. Dans les années 70, un fait similaire avait déjà eu lieu. La encore Yougoslavie avait offert au pays un complexe sportif de sport en salle. Il sera complètement détruit en 1976 pour avoir servi comme espace pour le couronnement du mégalomane Bokassa comme empereur d’opérette. La structure ne sera jamais réhabilitée, et tombera en désuétude.

Idem, l’actuel complexe de sports en salle est également en état de dégradation avancée. Là aussi, il est utilisé pour tout et n’importe quoi : Aux politiciens pour leurs manifestations, aux groupes folkloriques, aux religieux et autres. Le parquet tant détruit, puisque le tout venant y marche dessus avec des chaussures de ville. On y pique nique, et on y campe même. Si Si ! Récemment encore, cette salle de sport servait de refuge aux victimes des grandes inondations de Bangui. C’est dire !!!

Célestin Yanindji, l’actuel président de la Fédération centrafricaine de football, de déclarer ceci : « Quand ce stade a été construit, les normes n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Quinze ans après, les choses ont évolué, et notre complexe ne répond plus aux normes.»

 Un honteux mensonge qui ne le grandit pas. Les normes FIFA en 15 ans n’ont pas changé. Il obère juste toutes les utilisations non sportives et destructives de l’installation. En plus de l’absence totale de service d’entretien. Mais là, c’est une problématique quasi nationale. En RCA, savoir entretenir pour pérenniser, on ne sait pas faire.

PROBLÈME

Tout cette chienlit risque d’hypothéquer les chances des fauves (Football) pour leur première qualification pour une phase finale de la Coupe d’Afrique. Car si rien n’est fait à temps, et surtout que les politiciens de tous poils cessent enfin de prendre ce stade pour leur essuie pied, la sélection nationale devra disputer  le reste des matchs des éliminatoires de la CAN 2021 à l’extérieur.

Un complexe sportif a pour destination le sport, et pas autre chose. Et tant que les centrafricains ne mûriront pas suffisamment pour le comprendre, le problème restera permanent.

 

© Mai 2020 – LAMINE MEDIA – Tous droits de reproduction réservés