Centrafrique : Boy Rabe (Bangui) compte ses blessés après le passage de la Séléka

Pacôme Pabandji

BANGUI [LNC] – Un calme précaire règne en ce moment au quartier de Boy Rabe dans le 4e arrondissement de Bangui. Les habitants étaient en débandade vendredi, après une opération de désarmement organisée par la Séléka, qui s’est transformée en opération de pillage et d’attaque.

Une dizaine de personnes ont été blessées à la suite des tirs nourris, ouverts par les éléments de la Séléka.

La vie peine à se remettre ce matin à Boy Rabe, en dépit d’un semblant de calme qui règne en ce moment.
Plusieurs habitants de ce quartier ne se sont pas encore remis. Les séquelles de l’attaque des éléments de la Séléka sont encore vivaces.

Certaines maisons cassées, pillées et saccagées, sont restées telles que laissées par les rebelles après leur passage. Les propriétaires qui étaient en fuite, craignent encore de retourner chez eux, à cause de la situation encore volatile dans ce quartier.

On compte une dizaine de blessés par balle. La majorité des victimes est composée d’enfants et de femmes. Cependant, certains parmi eux ont refusé d’aller à l’hôpital pour se faire soigner, craignant les éléments de la Séléka qui sont à l’entrée de la quasi-totalité des hôpitaux de Bangui.

Des témoins rencontrés ce matin surplace par LNC ont fait savoir que c’est après avoir découvert une arme dans ce quartier que les éléments de la Séléka ont transformé l’opération de désarmement en pillage organisé.

« Ils ont trouvé une arme chez un ancien élément de l’armée nationale. C’est ainsi qu’ils ont commencé à ouvrir le feu en disant que Boy Rabe est un quartier militaire et qu’il faut en finir avec ses habitants. Ils prennent tout ce qu’ils trouvent, en commençant au moyens roulant jusqu’aux ustensiles de cuisine », a mentionné une mère d’un enfant qui a reçu une balle perdue.

Les nouvelles autorités ne se sont pas prononcées sur cet incident alors que les rebelles ont promis de poursuivre cette pseudo opération de désarmement ce samedi dans le même quartier.

Il faut dire que les éléments de la force multinationale FOMAC, qui accompagnent la Séléka dans les opérations de désarmement n’avaient pas fait le déplacement de Boy Rabe, faisant nourrir l’idée de complicité de cette troupe chez les banguissois.

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