“Nous sommes des enfants de la France, il faut qu’elle réagisse !”

Tel fut le slogan des partisans du Président au pire moment de la crise Séléka. Slogan menant à frustration, puisque devant le silence de la France, le pouvoir poussa ses affidés à caillasser l’ambassade de France à Bangui.

En soi, tout ceci est révélateur d’une étrange mentalité décadente.
Dans la tête de beaucoup, la Centrafrique, pour ce que ça vaut comme pays, n’est encore que colonie de la France.
La France doit décider comme avant, La France doit gérer, la France doit combler les fins de mois toujours difficiles, la France doit protéger les dictateurs au pouvoir.
C’est simplement faire fi de ce que fut la cruauté de la colonisation française en Oubangui Chari 100 ans durant.
Mais qui s’en souvient ? Le pays est sans mémoire.
Ce serait en exagérant même pas, comme si Israël ferait appel aux nazis pour l’aider.

Ce qui est discutable n’est pas tant l’aide de la France, que la manière dont elle est réclamée.
Une aumône, de la mendicité honteuse.

‘Nos cousins les français’ disait Bozizé.
En quoi la France serait-elle cousine de la RCA ? Ca se saurait.
La France se fiche complètement du sort de la RCA. Ce ne fut pour elle qu’une terre d’exploitation économique.

Et admettons que la France refuse de se mêler de la crise, a-t’elle donner de l’argent pour aider comme elle le fait actuellement au Mali ?
Le Mali a reçu des millions et des millions de la France. Pour la RCA, c’est ZERO !!

Allez donc demander aux gens qui font la queue sous le soleil tapant à l’ambassade de de France Bangui pour avoir le précieux sésame, le visa pour venir en France.
Demandez leur comment les fonctionnaires français les traitent avec un mépris consommé.

C’est ça des cousins ?

Nous en sommes là, et ça ne sert à rien de s’intoxiquer la tête avec des soit disant discours patriotiques, qui ne valent que pour ce qu’ils sont…..Du vent.
Psychologiquement parlant, la RCA reste encore une dépendance française.
Fait patent, aucun des politiciens en place n’a remis en cause l’arrivée à Bangui des soldats français, étant entendu que la France ne voulait pas se mêler des affaires centrafricaines.
Nous sommes là dans une espèce d’allant de soi qui ne chatouille même pas la conscience patriotique d’autonomie.
Le culte de la dépendance et du laisser aller est tel dans le pays que personne n’y prête plus attention.
A tel point en exemple que même aller chercher de la paille pour aller colmater une fuite d’eau dans le toit de sa maison, ça ne se fait même pas. C’est toute une affaire.
On préfère mettre une casserole en dessous pour recevoir l’eau de la fuite.

Bangui devenue une poubelle à ciel ouvert, le repaire de gangsters de tout poil. Plus d’eau potable pour tout le monde, le courant étant lui passé à l’alternatif.
Les centrales d’eau et de courant remontent aux années 50, et jamais renouvelées.
Et la province ? Qui s’en occupe ? On se débrouille comme on dit là bas.
Pour les politiciens, la Centrafrique se limite à Bangui et pas plus loin.
Début Décembre 2012, juste avant l’attaque fulgurante de la Séléka, le Général Président disait son auto-satisfaction: “Je suis content de mon travail”.

On rigole ?

En vérité, il n’y a pas UNE Centrafrique, mais autant de centrafriques qu’il y a de centrafricains.
Chacun en a sa définition et ses limites.
Pour la simple raison que sans ordre, sans cadre légal de vie normale, chacun se réfugie dans son autisme intérieur.
Ceci soutenu par la paranoïa galopante d’un pouvoir seulement soucieux de se répéter, pousse la pathologie jusqu’à interdire de photographier le palais présidentiel, comme si ce fut Fort Knox.
La peur en découle. On meurt très facilement en RCA pour rien.
Et la peur est source de paradoxes.

Qu’est donc que ce GUN si ce n’est le résultat de la peur ?
Fut-elle constituée dans la liberté d’agir ?
N’est-elle pas là que comme constat d’une pression militaire agressive et contraignante ?

Quand dans un couple ça va mal, on se dit que faire un enfant arrangerait les choses. Pure illusion ! ce sera pire !

Et en RCA, ils ont décidé de faire un enfant, le GUN.
Mais on le voit, cette union est à regarder dans un miroir….A l’envers.
C’est un gouvernement de DESUNION.

Fait psychanalytique très intéressant à noter, c’est que à sa tête, on y trouve un novice en politique. Une espèce de rêveur humaniste, complètement déphasé des réalités.
Autant dire que c’est du bac à sable pour kindergarden.