EDITO/PAS D’ACCORD

J’ai toujours l’amer sentiment que nos politiciens restaient figés dans l’idée que la Presse devrait toujours être le haut parleur du pouvoir et des puissants.

J‘avais suivi avec grande attention le show du thuriféraire du Président disant: “Aidez le Président et il vous aidera.”

Comme si toute la presse centrafricaine devrait cloquer ses pas sur Radio Centrafrique, la voix de son maître.

Nous ne sommes pas dans ce profil et n’y serons jamais.
Tout comme au fur et à mesure de la mise en place de nos produits, notamment en préparation un journal papier, nous garderons ce droit fil d’indépendance.

La Presse centrafricaine va mal, on le sait, pas un scoop.
Mais elle a le mérite d’exister.

N’est-ce pas énorme déjà que des entités comme LE CONFIDENT, LE RÉSEAU DES JOURNALISTES POUR LES DROITS DE L’HOMME EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE, CAP, ACAP ou LE JOURNAL DE BANGUI capables de quotidiennement et avec peu de moyens d’abattre un boulot si formidable ?

Personne ne nous aide. Et n’oubliez jamais que derrière chaque information, il y a des personnes qui sont allées la chercher. Et parfois au péril de leurs vies.

Quand en Décembre j’avais envoyé V.M en immersion dans la Séléka, je n’étais pas rassurée du tout. Il pouvait se faire tuer à tout moment.

Mais c’est comme ça que nous avions su avant tout le monde qu’il existait une distorsion entre les politiques de la Séléka et leurs soldats.
Tout comme ainsi que nous vous annoncions quasiment en avance où les forces de la Séléka allaient se diriger.

Pour être franche, je n’avais jusque là aucune idée de ce que pouvait signifier le fait d’être patronne de presse.
Mon père l’a été, mais seulement pour des magazines de musique.
Quand ça touche la politique, c’est bien plus risqué.

Je me fais traiter d’arrogante, de prétentieuse, et gratuitement. Ca blesse, je ne puis le nier, mais j’apprend à faire avec.
Autrement j’aurais déjà lâché l’affaire.

Car par dessus tout ça, je crois que la presse a un rôle a jouer dans la construction de la démocratie. Elle en fait même partie intégrante.

Elle est là pour voir, dire, constater, analyser et dénoncer si nécessaire.
Quand elle se fait partisane, elle n’est plus la presse, mais une militante.

Ici d’entrée nos analystes avaient dit que Tiangaye n’avait pas l’étoffe pour résister à Bozizé.
Cela nous a valu des volées de bois vert. Et là, qui avait raison ?
N’est-ce pas nous ?

Un PM qui dit non un jour et le lendemain dit oui, où est sa crédibilité ensuite ?
Je parle là pour lui-même par rapport à ses adversaires, et même par rapport à la Séléka.

Bozizé déjà le respecte tellement qu’il passe par dessus sa tête pour faire des nominations dans la police pour ses potes.

Et l’autre ne bouge pas.
Comme le dit Sandra, il fait tapisserie, c’est tout.

A suivre ? Le déchaînement de la Séléka sur le terrain.

Car tous ces gens dans les palais dorés de Bangui raisonnent comme si l’épée de Damoclès Séléka n’était pas posée sur leurs crânes.

Un tel aveuglement peut faire d’énormes dégâts.
Pour les avoir approchés de près, nous savons combien les guerriers de la Séléka sont déterminés et peuvent être terriblement dangereux.
Qu’ont-ils maintenant à perdre ?

On nous blague depuis des jours avec ce soit disant Gouvernement d’Union nationale. Quelle union quand le Chef suprême passe tout son temps à la désunir ?

Quelle union quand le PM n’a dans les mains qu’une console de jeu virtuel sans prise sur le réel ?

Dans ces instants graves ou le peuple a besoin d’être rassuré, d’être soulagé, d’être aidé à trouver à manger, à avoir la sécurité, on assiste à quoi ?
Au concert d’autistes décadents au pouvoir vivant dans leurs bulles.

Tout est dans cette réflexion d’un commerçant du Kam 5 parue sur Radio Ndeke Luka: “Il sert à quoi ce Tiangaye ?”

BON WEEKEND

K. Fatima LAMINE
Rédactrice en Chef de LNC

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