Centrafrique : Ces courageux humanitaires qui sauvent ce pays perdu !

Un convoi humanitaire embourbé dans la région de Bria

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Nous en sommes là en RCA. Même pour un stylo bille, le gouvernement du pays a besoin de l’aide des humanitaires. Mais à la livraison du stylo offert, un politicien sur tapis rouge se précipitera pour venir l'”inaugurer”.

Par Gilles DELEUZE

PARIS [LNC] – C’était assez lunaire d’entendre le PM centrafricain, face au problème des “tablettes” de l’ANE se plaindre de n’être pas payés, et lui de passer la patate chaude au PNUD. Il n’existait pas de budget pour financer ces opérations d’enrôlement des électeurs ? Difficile pour tout individu civilisé de comprendre de tels amateurismes. Que serait le Centrafrique sans l’appui à 100% des humanitaires ? Et le pathétique de la chose, est que, toutes les réalisations des humanitaires en Centrafrique servent pernicieusement d’outils de propagande politique pour le pouvoir en place. Dans un pays à plus de 80% illettré, le gouvernement joue sur du velours. Il suffit de voir Touadera venir inaugurer ceci, cela, pour que le peuple pense que cela émane de lui. Et ses griots ensuite d’entretenir l’illusion par des publications et mensongères et populistes. Mais qui dit merci à ces humanitaires qui chaque jour risquent leurs vies pour sauver “ce pays qui n’existe pas”, selon la formule désormais célèbre de la doc Fabiana Alvarez ?

Peu ou prou, quelques soient les reproches faits et à faire contre la colonisation en Oubangui Chari, lorsqu’en 1960 le colon lâchait l’affaire (même si ce ne fut qu’en apparence), pour remettre les clés du pays à sa nouvelle administration, c’était avec un territoire en bon état de marche.

Et qui dit pays enclavé, dit sacralisation des routes. Vectrices vitales des échanges économiques. Or, depuis l’indépendance, tous les gouvernements successifs, à l’exception de celui de Bokassa, n’auront rien fait, pour ne serait-ce entretenir les acquis coloniaux.

Aujourd’hui, à près de 90%, les routes en Centrafrique ne le sont que de noms. Et constituent le premier des obstacles pour les OGs et ONGs tentant de voler au secours d’un peuple meurtri et démuni de tout.

Cela en sus de dangers à tous les niveaux : Agressions, assassinats, vols etc…

La RCA étant le pays le plus dangereux au monde pour les humanitaires. Un record de plus, en sus d’être le plus pauvre du monde.

TENUE A BOUT DE BRAS

Nous en sommes là en RCA. Même pour un stylo bille, le gouvernement du pays a besoin de l’aide des humanitaires. Mais à la livraison du stylo offert, un politicien sur tapis rouge se précipitera pour venir l'”inaugurer”

Avec des rois fainéants au pouvoir, la facilité consiste à ériger la mendicité en mode de gouvernance. Et ne se gênent pas pour le faire.

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