RUSSIE – CENTRAFRIQUE : La France Gros-Jean comme devant !

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Par Gilles DELEUZE

PARIS [LNC] – Il y a quarante huit heures, TOUADERA recevait au palais de la Renaissance à Bangui, une délégation militaire russe composée d’experts et menée par le général O. POLGUEV. Une rencontre de plus entre autres,  dans le cadre de la consolidation des relations centrafricano-russes de plus en plus renforcées. Au grand dam de la France, l’ancienne puissance coloniale pour qui jusque là, la RCA était jalousement tenue de mains fermes comme son pré-carré. Depuis, Touadera à la surprise générale s’est affranchi de la tutelle française, en résistant à toutes les pressions et menaces hexagonales. Sauf que, à l’ONU, la France qui y “gère” le dossier centrafricain y tient sa vengeance en forçant le Conseil de Sécurité à maintenir l’embargo sur les armes en Centrafrique.

En matière de menaces françaises, tout y est passé : l’intimidation, la menace directe, la diabolisation des russes en RCA….Mais rien n’y fit, Touadera a tenu bon. A croire même que les agitations françaises le renforçaient dans sa détermination à amplifier sa coopération avec les russes.

Des russes partout : Proches conseillers du président, sécurité du président assurée par des russes. Garde présidentielle formée par des russes. Recadrage de l’armée par des russes, formation d’officiers militaires assurée encore par des russes. Ne reste aux français que la portion congrue de l’EUTM RCA, l’entité européenne de formation militaire. Le seul signe de “montrage” de muscles des français, la présence indéboulonnable d’un bataillon au camp M’Poko, leur permettant de contrôler l’aéroport international de Bangui, le maintenant dans sa gangue, en filtrant les entrées et les sorties du pays par la voie des airs.

Ce qui, de manière brute constitue une présence coloniale sans justification, qu’en passant la RCA n’a jamais validée, mais subit.

LA SUITE DU BRAS DE FER ?

Dans une situation économique et sécuritaire des plus critiques, la RCA dépendant à 100% de l’aide internationale, est contrainte de louvoyer. Si politiquement les relations avec la France sont quasi rompues – la France ne pourra plus comme depuis l’indépendance du pays, y imposer au pouvoir qui lui convient, avec le dernier en date, Touadera lui-même, ne lui rendant pas la monnaie de la pièce; une trahison pour Paris – le Centrafrique a encore besoin d’elle, ne serait-ce que pour ses aides humanitaires. Ce sur quoi la France compte pour tout de même garder un pied dans le pays. Bien consciente du caractère très précaire du pouvoir de Touadera, Et dont elle n’a qu’une envie, qu’il dégage !

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