Gambie : Fatou BENSOUDA (CPI), dessoudée par les USA

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Par Fernando CANCIO

WASHINGTON [LNC] – La guéguerre larvée qui ne l’est plus, entre les Etats Unis et la gambienne Fatou BOM BENSOUDA, surnommée la “Torquemada des africains”, procureure générale de la Cour Pénale Internationale (CPI), est entrée dans sa phase finale de détestation absolue. Les USA viennent de la placer sur sa liste noire de sanctions. Et en passant, pour Mike Pompeo, le ministre américain des affaires étrangères de traiter la CPI “d’institution corrompue.” Mais c’est quoi le blem ?

Fatou BENSOUDA depuis quelques années avait pris la très dangereuse habitude de titiller les américains sur leurs pratiques très personnelles de l’exercice de la démocratie et de la liberté d’action et d’expression. Ce qui, il y a une année, lui avait déjà valu une interdiction de séjour aux USA.

Les américains depuis la guerre de Corée, estimant qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient sur la planète, de massacrer qui ils voulaient, comme ils le voulaient, de changer à sa guise des pouvoirs dans des pays, et sans opposition, quitte à s’inventer des guerres de toutes pièces : Vietnam, Irak etc…

La goutte d’eau faisant déborder le vase pour Bensouda, fut, quand elle a osé vouloir enquêter sur les exactions des soldats américains en Afghanistan. “Des allégations de torture formulées à l’encontre de la CIA.”

Des pratiques américaines pourtant habituelles avec le silence complices des européens, qui jamais n’ont osé dénoncer.

Mais pas Fatou, ni son collègue Phakiso Mochochoko, lui aussi mis dans la charrette des sanctions américaines (interdiction de séjour aux USA, gel des avoirs, interdiction d’accès au système financier américain, etc..).

Pour le président américain Donald Trump qui se la joue toujours cash, la CPI n’est “qu’un ramassis d’abrutis”, et dans la foulée, d’aussi sanctionner l’institution par un décret exécutif des États- Unis 13928 en date du 11 juin 2020.

AMBIGUÏTÉS

Des pays occidentaux comme la France, les USA et d’autres, plus Israël, n’ont jamais ratifié la charte de la CPI, et n’en sont donc pas membres. Et pour des raisons évidentes, ces pays puissants ne veulent pas que la CPI se mêle de leurs activités impérialistes, voire terroristes. Mais, à l’exemple de la France, se permettent tout de même de collaborer, quand il s’agit de lui envoyer des gibiers de potence, cas du chef Anti-Balaka centrafricain Patrice-Edouard Ngaïssona, que la France avait arrêté sur son territoire et expédié à la CPI. Ce qui en soi est illégal. Une donnée juridique que pourrait exploiter les avocats de Ngaïssona. Mais apparemment, ils n’y songent pas.

BENSOUDA LA CLIVANTE

Pour ses détracteurs, la dame est accusée d’être forte avec les faibles, et faible avec les forts. Et stigmatisée pour ne s’intéresser qu’aux crimes commis en Afrique par des africains, ses cibles privilégiées. Il suffit d’ailleurs de compter le nombre d’africains dans les geôles de la CPI.

Ce qui est certain, c’est qu’aucun pays africain ne mettra une pièce pour la soutenir. Ce qui aussi en passant soulève un autre problème : Pourquoi ces pays africains qui se plaignent, continuent-ils de rester à la CPI ?

CPI DÉCRÉDIBILISÉE ?

Le coup de semonce américain ébranle-t’il les fondements de la CPI ? En réalité non, car ce n’est pas la première fois que les USA l’attaquent, pour raison de mettre son nez là où elle ne doit pas. Les USA s’étant déjà ridiculisés à la face du monde avec ses inventions d’armes de tueries de masse en Irak. Plus ses immixtions sans justification en Afghanistan, entre autres choses, comme l’instrumentalisation des pays européens de l’Est au sein de l’UE, à coups de milliards de $.

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